Un cimetière délaissé

Lamentable ! Lamentable ! Lamentable ! C’est le moins que l’on puisse dire sur la situation invraisemblable qu’endure le cimetière chrétien de la ville de Sidi Aïch qui fait tâche d’huile dans un milieu urbain à même de tétaniser les vivants. Situées sur la route de Tinebdar, et entourées de nombreuses habitations cossues, les demeures post-mortem connaissent une détérioration qui va crescendo d’année en année. Ceintes par un mur, ce qu’il y a de plus rigide que surmonte une barrière grillagée, pourtant de nombreuses tombes sont éventrées et d’autres ont vu leurs croix brisées et tomber vulgairement par terre. Par endroits, les tombes sont méconnaissables à force de glissements de terrain, d’envahissement d’herbes folles, sans oublier les branches de sapins qui jonchent les quatre angles de la surface broussailleuse, devenue un refuge sûr aux meutes de chiens errants qui trouvent en ce lieu, un tant soit peu, de paix une fois pourchassés des rues de la ville. « Parfois, il y a des soûlards qui se hasardent dans ces lieux qu’ils partagent avec certains malades mentaux venant acheter leur sommeil en compagnie des morts », confie un riverain. Ceci est un symbole est un symbole annonciateur d’un « je m’en foutisme » latent et reflète une indigne insolence dont souffrent également les cimetières de nos villes et villages qu’on dit « cimetières musulmans ».

Cependant, s’il est bien vrai que les cimetières construits en zones escarpées sont difficiles à entretenir, il y a lieu d’ajouter avec regret que cette culture est un art de vivre à part entière que nous n’avons malheureusement pas, ajouté à cet exemple, il suffit de voir le cimetière chrétien de Oued Ghir qui est un modèle de propreté dont on peut largement s’inspirer pour offrir un véritable repos à nos morts, toutes confessions confondues.

T. D.