Piégés et isolés dans leur misérable maquis suite à un découpage administratif qu’ils qualifient « d’injuste » et livrés à eux-mêmes, classés et délaissés sans aucun réel soutien, les habitants souffrent depuis des lustres, le calvaire au quotidien sur différents plans.
Ils se sont retrouvés dans l’embarras par ce découpage qui les a condamnés à vivre dans la misère et le chaos sur les hauteurs des montagnes et privés ainsi de tout avantage de leur commune-mère, Tazmalt.
Les insuffisances en tous genres font la particularité de cette commune, à commencer par l’état de dégradation avancé du chemin de wilaya au niveau de plusieurs villages, tels Ath Ouamar, Tinessouine, Amarai, Agouni Guerouaz, Taghalat… où il devient presque impraticable en hiver, ce qui rend la tâche difficile aux transporteurs de voyageurs et qui ont à maintes fois, appelé à la grève pour dénoncer cette situation et ce laisser-aller.
D’ailleurs, les arrêts de fourgons qui se vident plutôt qu’il en faut pénalise les habitants ; ces derniers recourent à des fraudeurs qu’ils louent pour rentrer chez eux ou tout simplement passer la nuit chez des proches à Tazmalt, des chanceux bien sûr.
En plus de cette situation, les activités culturelles et sportives qui restent l’oxygène de la jeunesse, sont renvoyées aux calendes grecs en encourageant la prolifération des différents fléaux sociaux qui font des ravages au sein de cette frange juvénile livrée à elle-même sans aucune prise en charge réelle.
Le taux élevé des exclus du système scolaire et celui du chômage en sont la preuve vivante de cette catégorie de la société que l’oisiveté « mère de tous les vices » guette sans cesse pour les entraîner dans le cycle infernal qu’est la drogue, l’alcool, le vol, les agressions…
A défaut d’un cadre de vie agréable, les montagnards d’Ath Mlikèche peuvent se contenter du désagréable, en attendant qu’un miracle se produise pour les sortir de leur misère quotidienne.
Une jeunesse désœuvré
Les infrastructures collectives sont inexistantes et les jeunes ne trouvent pas d’emploi, à part, les travaux de champs inculqués par les parents dans ces régions de montagne à vocation agricole qui demeurent la seule ressource pour la majeure partie des familles.
Le système scolaire dépassé par le volume des effectifs n’assure plus un encadrement idoine. L’emploi est un rêve, les jeunes exclus de l’école ne sont pas dispensés des obligations du Service national pour prétendre à un emploi dans le secteur public, chose qui s’avère, impossible de nos jours.
Partagés entre la rue, le café et le logement familial où règne un conflit de génération, l’enfant est très vite chargé de responsabilités, en fait il devient donc adulte, sans transition et ceux qui ne s’intègrent pas assez vite sont considérés comme coupable de tous les maux sociaux.
On peut déplorer ces réflexes d’assistants, mais toute initiative est non favorisée mais découragée, muselée, voire réprimée. « Débrouillez-vous, mais ne faites rien », semble-t-on leur dire. Ceci a contraint une bonne partie des jeunes à tenter une aventure de l’autre côté de la mer, quitte à vivre au noir, et c’est le rêve de tout jeune pour fuir le pays où il n’y a que de faux espoirs.
Achiou Lahlou
