Peu de moyens pour faire face à la vague de froid

La vague de froid qui s’est installée dans plusieurs régions du pays ces dernières 48 heures a entraîné avec elle des appréhensions chez les populations des zones rurales, confrontées au fait qu’elles ne disposent pas d’assez de moyens pour y faire face. Dans la daïra de Boghni, où la majorité des habitants vivent dans des villages perchés sur les collines et d’autres situés près des contreforts du Djurdjura, la période hivernale n’est pas facile à supporter pour de nombreuses familles, notamment celles soumises à des conditions de vie précaires. L’érosion du pouvoir d’achat, les coûts onéreux pour mettre en place les moyens de chauffage, l’éloignement et l’enclavement des villages, sont quelques éléments pouvant nous éclairer sur ce qu’endurent les montagnards en hiver.

A titre d’exemple, à Aït Ali et à Helouane, deux villages situés en haute montagne, un grand nombre de citoyens affrontent les aléas d’un hiver rigoureux avec courage, car en fin de compte ils ont acquis cette force d’adaptation lorsqu’il est question de surmonter des difficultés pour s’approvisionner en denrées alimentaires, en bouteilles de gaz et un peu moins en gasoil. Car dans ces contrées, des habitudes faisant partie des traditions instaurées au fil du temps par des habitants dont la plupart sont tentés par l’exode vers les centres urbains, ne peuvent être abandonnées tant qu’il y a ce besoin de mener son propre train de vie. Certe, de plus en plus, la situation tend à s’améliorer en matière de désenclavement, mais sur un autre registre la précarité touche une grande frange de la population à cause du manque de ressources et du chômage auxquels ne cesse de faire face la nouvelle génération, d’où cette tendance à vouloir toujours se plaindre des conditions de vie. Même dans les chefs-lieux des communes, où l’on enregistre l’arrivée d’autres commodités comme le gaz de ville, ce n’est pas tout le monde qui en profite. Les derniers chiffres avancés par Sonelgaz sur le taux de couverture en gaz dans les foyers illustrent bien que le confort dans les maisons concerne seulement les mieux nantis.

De ce fait, en plus des aliments que ne peuvent se procurer les petites bourses, tels que les légumes secs plus chers que les années précédentes, les gens souffrent d’un autre genre de manque, celui d’accéder à des sources d’énergies pouvant leur permettre de se mettre à l’abri des basses températures. En somme, ce qui reste à faire, comme on peut le vérifier ces jours-ci dans la ville de Boghni, c’est de se réfugier dans les cafés ou dans d’autres lieux publics où on peut trouver un peu de chaleur.

M. Haddadi