Les bonnes occasions se font des ailes

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Dès l’apparition sur le journal officiel des textes portant suppression des crédits alloués pour le financement des véhicules, tous les acteurs gravitant autour de ce commerce sont tous les lundi au marché d’Aomar et ont eu du mal à mener à bout une seule transaction. La dernière semaine de décembre 2009, ainsi d’ailleurs que toutes celles du dernier trimestre qui l’ont précédée, la “bourse locale” a attiré une affluence des grands jours aux environs de 10h00, puis comme s’ils se sont donné le mot, les visiteurs ont commencé une demi-heure plus tard à quitter les lieux, signe que les choses n’ont pas évolué comme ils l’espéraient.

Parmi ceux-là, le vieux Dda Ouali à regretté presque de s’être déplacé “c’est un vrai blocage, les propriétaires ne veulent pas céder, et les acheteurs pensent que les véhicules sont surestimés”. Un marché figé autrement dit, où vous avez toutes les chances d’entendre dire par les exposants aux clients proposant un prix donné “vous êtes loin du prix, ajoutez un peu” et d’écouter les demandeurs répondre “si nous remontons jusque-là, ce sera trop payé”.

Une divergence qui ne s’enregistre pas uniquement hélas sur quelques cas de ventes, mais qui se généralise souvent à tous les essais qui s’entreprennent dans ce sens, des échecs, tente d’expliquer un courtier “en l’absence de repères ou d’indicateur, ne permet pas d’avoir une idée de la valeur d’un véhicule.” Avant l’entrée en vigueur de la loi interdisant aux banques de financer l’achat d’un véhicule, analyse t-il “on enregistrait une perte de 6 à 7 millions de centimes des marques asiatiques dès leur sortie de chez le concessionnaire”. Une période où l’on pouvait s’acheter du neuf à bon prix sans se donner la peine de se déplacer à Paris ou Bruxelles comme ce fût le cas avant, maintenant qu’on a fermé les vannes, enchaîne-t-il “le même produit coréen, chinois, et hindou, ne perd plus de son coût, il ne se négocie même pas au marché.” Par voie de conséquence, cette nouvelle donne à influé sur le coût habituellement bas des voitures d’occasions, par exemple les personnes présentes au souk de Aomar ont vu se vendre une Maruti année pour 40 millions, et une Express utilitaire 96 atteindre 46 millions de centimes. Mais, ces transactions où on aurait respectivement fait des gains de 20 000 et 15 000 DA, risquent de ne pas se répéter à l’avenir, car dit l’intermédiaire et connaisseur “si les voitures d’occasions continuent à prendre des ailes, ils préféreront investir plutôt dans le matériel neuf.”

A. Cherif

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