Sit-in des villageois pour récupérer leur fusil de chasse

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Encore une fois, les citoyens, dont les fusils de chasse ont été confisqués en février l993, se sont réunis, hier, matin devant la place publique de Bouira avant d’observer un sit-in devant le siège du cabinet du wali. Une centaine de vieillards étaient regroupés, dès 8h, et attendaient l’arrivée des membres de la délégation qui s’étaient rendus la veille auprès de la Région militaire de Blida, pour s’enquérir sur une éventuelle restitution de leur arme. Des armes qui se font désirer depuis 2001, par leur propriétaire qui ne désespèrent pas de récupérer leur bien. En effet, c’est la troisième fois en l’espace de deux mois, qu’une délégation se rend à Blida pour exiger des autorités militaires la restitution de ces fusils. Pour rappel, sur tout le territoire de la wilaya de Bouira quelque 13 065 fusils de chasse avaient été volontairement restitués par les citoyens, et ce, conformément à une loi de l’époque qui notifiait le désarmement de tous les citoyens sous peine d’être passibles d’une forte amende. La loi qui émanait du ministère de l’Intérieur accordait un délai d’un mois pour remettre les armes en circulation auprès des brigades de gendarmeries et des commissariats. Cependant depuis 2001 à ce jour, les vieillards affirment que près de 30% des fusils confisqués, ont été restitués à ceux qui les avaient déposés au niveau des commissariats de police. Les 70% restant, soit un peu plus de 9 000 fusils, attendent toujours d’être rendus à leur propriétaire. Selon Dda Mohand, septuagénaire originaire de Haizer, rencontré hier matin sur les lieux du sit-in, l’attitude des autorités est incompréhensible : “Lors de notre déplacement lundi à Blida, on nous a informé que le haut responsable était en mission à Bouira et que seul le wali est habilité à nous rendre nos armes dès qu’il sera instruit par le ministère de l’Intérieur. Devant cet état de fait, nous n’avons pas d autre choix que de subir la hogra des autorités. Nous avons tout donné pour ce pays, nous avons combattu pour le recouvrement de l’indépendance et aujourd’hui nos responsables, dans leurs bureaux climatisés, se fichent éperdument de notre sort.… si ce n’est pas de l’injustice, alors comment qualifier cela ?”, s’interroge notre interlocuteur. Après une entrevue de quelques minutes avec le chef du cabinet du wali, la délégation est ressortie pour expliquer aux vieillards que le wali n’a toujours pas été instruit par le ministère de l’Intérieur et que le feuilleton des sit-in hebdomadaires risque encore de se poursuivre pendant les prochains mois. Malgré leur désarroi, les vieillards résolument déterminés à récupérer leur fusil, promettent de se concerter pour une action commune.

Hafidh B.

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