C’est aujourd’hui, jeudi 18 août, que le nouveau roman, de Yasmina Khadra sort en librairie. Edité chez Julliard, le nouvel ouvrage de l’auteur des Hirondelles de Kaboul aborde un thème d’actualité avec un style que l’écrivain a su maîtriser au fil de son parcours littéraire. Il s’agit d’une problématique à fond politique qu’il fallait exprimer par les moyens et les ressorts de l’intrigue policière. Lorsque la réalité est trop dure, trop complexe au point de pouvoir surpasser la fiction, il n’y a que les écrivains pour nous dire l’indicible, pour conférer une intelligibilité minimale aux actes inscrits pourtant dans la quotidiennneté.L’histoire que se propose de nous narrer Yasmina Khadra dans “L’Attentat” plonge dans l’imbroglio proche-oriental où le conflit opposant Palestiniens et Israéliens ne se limite pas à une opposition historique de deux peuples vivant sur des territoires communs, elle implique aussi et surtout des destins individuels qui se croisent ou se côtoient au gré des conjonctures, qui, également, subrepticement, se voilent les visages, masquent leurs intentions et avancent en personnages dont la découverte nous sidère.Cela se passe à Tel-Aviv.Le docteur Amine Jaâfari, un Arabe israélien, exerce le métier de chirurgien. Suite à l’explosion d’une bombe qu’une femme enceinte portait sous sa robe, les blessés sont acheminés vers l’hôpital où exerçait le docteur Amine. Ce dernier, s’est fait un devoir de soigner tous les blessés qui faisaient la queue devant la salle d’opération. Rentré chez lui, on l’appelle de l’hôpital pour lui apprendre qu’un corps parmi les victimes de l’attentat était celui de sa femme Sihem.Nous apprendrons que c’était elle la kamikaze qui transportait la bombe. Plus et mieux qu’un suspens, la révélation qui vient d’être faite est une autre forme de “dissection” que l’auteur fait du problème palestinien. Les apparences de sérénité ne sont pas la sérénité, les faux-semblants de vie quiète ne sont pas la quiétude. La révolte et l’indignation couvent dans les milieux les plus insoupçonnés, les moyens d’expression du refus et de l’insoumission empruntent les sentiers les moins attendus. Ce qui rend attachantes les péripéties de ce roman, dont les extraits sont publiés dans “Le Figaro” du 8 août dernier ce sont, à coup sûr, ces destins individuels d’une apparente harmonie extérieure mais qui s’ébranlent, explosent et se pulvérisent dans un chaos dont les fils étaient ourdis depuis longtemps par le destin collectif.Après l’Algérie meurtrie, l’Afghanistan “médiévalisé”, Yasmina Khadra nous transporte sur l’un des territoires les plus malmenés, les plus secoués, les plus convoités et les plus chargés de symboles et de spiritualité. Là, se côtoient les cultures, s’opposent les intérêts et les destins et se nourrissent les haines et les fanatismes.
