Lakhdaria se souvient parfaitement de la campagne 90/91 où les producteurs de la région de Kabylie sont parvenus à semer plus de 1 200 hectares de tubercules pommes de terre, les hameaux les plus reculés ont fini par se multiplier. Une époque aussi où on ne se souvient pas de l’écoulement, une entreprise ENAFLA et une coopérative COPSEM se sont attribuées pour rôle de fournir aux fellahs de la semence, des engrais et de réceptionner les récoltes, une procédure débarrassée de toutes complications, évoque un fellah « à laquelle on a joint un prix abordable de 7,50 DA/kg de semence, et qu’on a récupéré des champs à 9 DA/kg ».
Une relation entre propriétaires terriens et organismes agricoles qui, hélas, ne s’est pas prolongée dans le temps. La COPSEM et l’ENFLA ont, juste après cette collecte de 90/91, disparu de la scène, laissant derrière elles une prestation à ses premiers balbutiements, mais massivement sollicitée. Depuis cette disparition, en raison des moyens de production à l’exemple des semences, la situation s’est considérablement dégradée, elles ont commencé à valoir au début 30 ou 40 DA/kg, puis à s’aligner quelques années plus tard autour de 50 à 60 pour, au regret de tous les professionnels, atteindre comme cette saison les 80 DA/kg.
Une multitude d’augmentations où l’une d’entre elles a franchi la barre des 12 000 DA, soit 120 DA le kilo de semence, une inaccessibilité du produit fait remarquer le concerné « qui a écarté bon nombre d’agriculteurs de cette culture ».
Une flambée de l’engrais NPK, qui est passé de 3 000 à 7 000 DA/qx, dit le fellah, en connaisseur. « Les régions qui se sont spécialisées dans ce légume n’obtiennent de hauts rendements qu’avec des apports d’engrais équivalents au nombre de quintaux semés ».
Ce qui rend plus salée encore la facture déjà trop lourde à supporter par la charge de 20 millions de centimes représentant la semence, soit 25 qx /hax8 000 DA, à laquelle il faut ajouter maintenant la part de l’engrais estimée à 84 000 DA, soit 12 qx/ha x 7 000 DA, sans parler des dépenses des travaux du sol, les traitements et l’arrachage.
Suite à cela, cette spéculation rongée par les frais, explique-t-il « est devenue peu rentable, le rendement maximal est invariable mais l’investissement a triplé ».
A. Chérif
