Cri de détresse d’une victime de guerre menacée d’expulsion

« Je risque de me retrouver dans la rue ! », s’exclama Aâmi Arabe Guebli, les joues sillonnées par deux rigoles de larmes en exhibant une convocation de la justice, la détresse et le désarroi qui se lisent sur son visage ne sont ni feints ni une mise en scène ; ce malheureux père de famille handicapé moteur de surcroît, est au bord de la dépression.

Aâmi Arabe était un fonctionnaire de l’éducation en sa qualité de concierge, fonction qu’il exerça durant 15 ans au CEM 27-juin 57 à Saharidj avant sa mise en retraite en 2005.

Ce citoyen est un handicapé moteur et victime civile de guerre, ayant perdu son bras gauche après avoir reçu une décharge électrique d’une ligne de moyenne tension en 1959, lors de la destruction de son village (Ath Ali Outhemim) par l’armée coloniale. Notre interlocuteur, qui a du mal à s’exprimer, pris d’une forte émotion, raconte que des mises en demeure lui sont régulièrement adressées par la direction de l’éducation depuis son départ en retraite, pour libérer le logement de fonction qu’il occupe depuis 12 ans. N’ayant pas où aller, il frappa à toutes les portes et confectionna plusieurs dossiers de demandes de logement sans résultats. Ni la daïra et encore moins l’APC n’ont daigné se pencher sur la situation de ce malheureux, qui est un cas social grave bien connu sur la place publique, à Saharidj. En effet, en plus d’être un handicapé moteur, il est père de famille nombreuse composée de 8 membres, dont les 4 fils aînés sont tous universitaires au chômage, qui vivent encore aux crochets de leur père. En désespoir de cause, le plus âgé de ses enfants constitua un dossier de demande de logement rural qu’il a l’intention de construire sur les décombres de leur ancienne maison, détruite par l’armée coloniale. Ce dossier déposé depuis 5 mois a subi le même sort que les dossiers précédents. Le sort de cette famille dépend désormais d’une décision de la justice, que nous espérons de tout cœur clémente envers ce cas social déplorable en statuant ce 7 février 2010, date de sa comparution.

Oulaid Soualah