Farouk Ksentini : « Toute la lumière doit être faite sur les personnes disparues durant la tragédie nationale »

Farouk Ksentini, entre autres, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme aime s’attarder sur les sujets brûlants, usant tantôt d’un langage diplomatique, tantôt d’un verbe direct quand le sujet qu’il traite le nécessite. Lors de son passage sur les ondes de la chaîne III, Farouk Ksentini a passé en revue divers sujets, en prenant le soin de s’attarder sur les plus brûlants, notamment les droits de l’homme en Algérie, les victimes du terrorisme ainsi que les disparus durant la décennie noire, ainsi que la polémique entre l’Algérie et les Etats-Unis et surtout la France concernant les listes noires établies par les deux pays. Ces listes rouges mettent au même rang l’Algérie, le Yémen, le Pakistan et l’Afghanistan, pays à fort risque terroriste.

A ce sujet, Farouk Ksentini n’est pas resté de glace, osant même qualifier ces mesures de « discriminatoires » et de « récusables à plus d’un titre ». Pointant du doigt les deux pays, il tient à préciser : « notre institution a saisi l’ambassadeur des Etats-Unis à Alger en dénonçant clairement ce geste, qui n’honore pas ce pays, c’est une décision indigne et injustifiée, et en ce sens, je suis tout à fait favorable à d’éventuelles mesures de réciprocité », appuyant de ce fait les déclarations du ministre de l’Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni. Farouk Ksentini dira : « Je suis personnellement étonné que l’Algérie est encore susceptible d’exporter le terrorisme », tout en ajoutant qu’ »en dépit de tous les efforts consentis par les services de sécurité et le peuple algérien qui en a souffert, on nous considère encore comme pays susceptible d’exporter du terrorisme et susceptible lui-même de complaisance à l’égard du terrorisme », s’étonne l’intervenant.

Abordant les disparus, le président de la Cnpppdh fera savoir qu’il a reçu dernièrement une représentation des familles des disparus qui, selon lui, refusent toutes indemnisations définies par la politique de réconciliation nationale. A ce titre, Farouk Ksentini ne s’est pas fait prier pour remettre en question la politique de la réconciliation nationale : »Ce n’est pas une question d’indemnisation, car ces familles ont besoin d’autre chose, elles attendent autre chose que de l’argent, je veux dire par là que toute la lumière doit être faite, les circonstances de leurs disparitions, la vérité doit être dite (… ) Ces familles ont été atteintes et font partie intégrante des victimes de la tragédie nationale, et, à mon sens elles méritent toute mon attention et celle des autorités. « 

Abordant la question des droits de l’homme, Farouk Ksentini se montre optimiste : « La question mérite un débat profond et la situation commence peu à peu à s’améliorer.  » « Les droits de l’Homme ne vont pas bien, mais vont mieux, et il est essentiel de continuer sur cette lancée, il reste beaucoup de chemin à parcourir », assène-t-il.

Hacène Merbouti