En effet, les enseignants vacataires avaient tous espoir de figurer parmi les 109 lauréats qui verront leurs noms afficher ; malheureusement ces enseignantes et enseignants commencent sérieusement à s’inquiéter de leur sort. « Ce n’est pas normal que les résultats tardent à venir, pourquoi ? » nous dira une enseignante rencontrée avant-hier à la direction de l’éducation de Tizi Ouzou. Nous avons joint le président de l’association des enseignants de tamazight ainsi que deux inspecteurs de la matière par téléphone. « Nous nous sommes inquiétés plusieurs fois de ce retard, nous nous sommes même déplacés au service des examens de la D E et on nous a répondu que cela dépendait de la fonction publique. Au mois de décembre, on nous avait répondu que l’inspecteur de la Fonction publique n’était pas encore revenu de La Mecque où il était parti accomplir son hadj, mais cet inspecteur est maintenant revenu depuis belle lurette. Et franchement, nous aussi, nous nous demandons quelle est la raison de tout ce retard. » D’après nos sources, un autre problème se poserait pour ces enseignants, à savoir qu’au niveau des services de la Fonction publique de Tizi Ouzou, le barème qu’appliquerait la Fonction publique et qui serait extrait du statut particulier, désavantagerait certains enseignants quant à leur expérience. Ainsi, selon « la loi », ne sera comptabilisé comme capital expérience que les contrats ayant atteint 3 mois (90 jours révolus) et si cela est appliqué, il n’y aura que le 1er trimestre de chaque année de travail qui sera noté sur 00,33, puisque pour les deux autres trimestres de l’année scolaire, aucun d’eux n’a atteint 3 mois. Ces calculs ou ce barème ne profiterait pas aux enseignants ayant un capital expérience et ayant une note de fin de cycle universitaire de moins de 14 sur vingt. Exemple, un enseignant ou enseignante ayant commencé à travailler en septembre 2004 et ayant obtenu une note de 10 sur 20 à la fin du cycle universitaire obtiendrait approximativement 2,5 ou 3 au maximum pour son capital expérience plus 1 point pour la note universitaire, plus 2 (note de l’examen oral) obtiendrait ainsi une note de 4,5 ou 5 points sans parler des autres notes prises en compte. Quant à l’enseignant qui a obtenu son diplôme en juillet 2009 avec une note universitaire de 14/20 et un capital expérience zéro obtiendrait une note de 5 pour son diplôme, zéro point pour l’ancienneté et 2 points pour l’oral; il atteindrait ainsi un total de 7 points sachant que les autres notes des deux candidats sont les mêmes ; ceci donnerait un avantage de 2 points pour le dernier recruté ; ce qui fera que c’est le nouvel arrivé à l’enseignement qui sera admis au concours et non celui qui a commencé en septembre 2004. Et sur cela, certains enseignantes et enseignants disent : « Ceci est injuste, je cravache depuis 2003, d’autres en 2004 ou 2005 ou 2006, parce que nous n’avons eu que 10, 11 ou 12 comme note universitaire. Nous voyons des sortants de l’année 2008 ou 2009 avec des 14,15, ou plus avoir été admis alors que nous sommes recalés car notre expérience n’a pas été comptabilisée ou mal comptabilisée. » Au niveau de la direction de l’éducation, on nous a appris qu’ »en effet, c’est injuste, mais à notre niveau nous ne pouvons rien faire. Pourtant lors du séminaire national tenu à Blida, il a été dit que chaque trimestre de travail d’un enseignant sera comptabilisé à 0,33, mais au niveau de Tizi Ouzou, la réponse a été: Nous voulons un écrit et non pas des paroles ». Certes le responsable doit se baser sur l’écrit, et c’est pour cela que nous, à la direction de l’éducation nous avons écrit à notre tutelle, le ministère de l’Education pour que la DGFP (Direction générale de la Fonction publique) écrive à sa direction régionale, si c’est fait ils appliqueront la loi. »
Quant à tout ce retard, par rapport à la constitution de la commission et à la proclamation des résultats, on nous dira : « La Fonction publique, et selon la loi peut rester jusqu’à fin mars pour délibérer, mais nous pensons que cela ne dépasserait pas la fin février », nous dira une source sûre et il serait même probable que d’ici une « quinzaine ou une vingtaine de jours les résultats seront affichés » ajoutera notre source. Toujours est-il que les enseignantes et enseignants sont impatients, quant à l’application du barème de l’année dernière. Une enseignante nous dira : « C’est inconcevable que pour nous les notes à l’université soient données au compte-goutte alors que certains ont eu des 15, 16 voir des 17. C’est nous qui sommes sanctionnés par ce barème à la noix conçu par la fonction publique ». Il serait en effet, important que les services de la Fonction publique se penchent sérieusement sur le cas de ces enseignantes et enseignants qui demeurent vacataires pendant 5 à 6 ans car leur expérience n’est pas comptabilisé dans l’étude des dossiers n’est que martyre et calvaire, comme c’est aussi un encouragement à les pousser dehors et démissionner. « Si je ne suis pas admise cette fois, je rentrerai définitivement à la maison, car cela fait la cinquième fois que je passe ce concours et à chaque fois je suis recalé, et comme je ne suis pas payée, je ne peux plus demander à mon père de me donner ou de me prêter quelques sous pour me permettre d’aller travailler pour rien, j’en ai marre et je suis fatiguée je n’ai plus le goût au travail, barakat ! » s’exclamera une enseignante les yeux mouillés de larmes.
F. A. O
