Ce n’est qu’en période électorale que les sigles partisans refont surface, le temps d’une bataille ponctuelle, chargée de promesses éphémères et sans lendemain. L’euphorie électorale passée, les partis ferment boutique, tandis que les élus s’affairent à tout-va, dans la logique rentière, loin de répondre aux préoccupations des populations, éternelles laissées pour compte. Quatre principales formations politiques habituées à intervenir sur le terrain à Tizi Ouzou, il s’agit du FFS, RCD, FLN, RND, ces quatre partis ont carrément démissionné de l’activité publique, se contentant d’exploiter seulement la tribune de l’APW et des collectivités locales où d’intenses luttes politiciennes sont menées au détriment du développement local. Certaines APC, à l’instar de celle du chef-lieu de wilaya, connaissent des blocages et une paralysie quasi générale, à telle enseigne que certaines missions urgentes et complexes sont assumées par l’autorité de daïra ou de wilaya.
Quand l’élu tourne le dos à l’Administration
A l’échelle de toute l’étendue de la wilaya, hormis quelques élus issus du FLN et du RND, la majorité des élus locataires des assemblées locales a coupé le cordon ombillical avec l’administration. Ces mêmes élus n’arrivent pas à se débarrasser de l’emprise partisane, faisant de la gestion des collectivités locales, un véritable outil de chantage et de surenchère politicienne contre les pouvoirs publics et l’administration.
La mission d’élu est totalement dévoyée, maintenant en otage la municipalité, outrepassant toutes les recommandations des codes communal et wilaya, en dépit de ses insuffisances et vides juridiques, et surtout trahissant le contrat moral passé avec les électeurs, ceux-là mêmes qui leur ont permis d’accéder au trône. Il est à se demander comment exécuter un programme de développement si la cohésion des acteurs intervenant à ce titre fait défaut.
Une proportion importante du corps des élus s’investit plus dans la pratique politique et politicienne et verse dans l’opposition stérile à tout ce qui émane de l’administration.
Cette réalité tant décriée et dénoncée contrarie tout effort de relance et de développement. Des APC ne sont même pas arrivées à clôturer au 31 décembre dernier leurs projets inscrits dans le cadre des PCD (Plans communaux de développement) dont elles ont totalement la charge et la prérogative.
L’administration fait cavalier seul pour le développement
Face à cette “incapacité” à peine assumée par les élus, l’administration représentée par les différentes directions sectorielles se retrouve à chaque fois “obligée” d’intervenir sur le terrain pour débloquer des projets, relancer la machine du développement et dans des cas, se substituer aux APC dans la gestion de certains conflits. Le cas des multiples oppositions signalées à travers les quatre coins de la wilaya est illustratif d’une démission non avouée des élus locaux, incapable de s’imposer en intermédiaire, faute de crédibilité envers leurs propres électeurs.
L’incapacité de certaines collectivités locales à “boucler” leurs PCD contraint l’administration à prendre son “bâton de pèlerin” pour concrétiser des projets d’utilité publique et réaliser des programmes de développement au profit des populations “abandonnées”.
Le développement reste une affaire de tous les élus qui doivent prendre conscience que leur implication effective est seule à même de booster le terrain de développement dans leurs localités respectives. S’éloigner des polémiques stériles et des luttes “politiciennes” devra leur permettre de retrouver le rôle qui devait être le sien à savoir servir le citoyen et non pas se servir de lui.
Khaled Zahem
