Elle consistait en l’installation de trois élus de la formation de Saïd Sadi au sein de l’exécutif. Cette situation a été acceptée malgré tout par les trois autres élus indépendants qui avaient au préalable exigé au moins une vice-présidence. Siégeant régulièrement aux côtés de leurs pairs dans les assemblées délibérantes, ces élus viennent de décider de se retirer et de geler leur activité jusqu’à nouvel ordre et ce à compter du premier du mois courant. Dans une déclaration affichée à la vue de la population, ils justifient cette décision par l’entêtement des élus de la majorité relative à se remettre à l’évidence et à respecter le choix populaire qui n’est autre que l’option de la gestion collégiale. Selon les rédacteurs, le fait que la population a élu quatre membres issus du RCD, deux du FFS et trois de la liste indépendante prouve, un tant soit peu, qu’elle a opté pour ce système afin d’éviter toute forme d’unilatéralisme.
Une kyrielle de griefs retenus à l’encontre de l’exécutif communal a été énumérée dans cette déclaration. Il se singularise ainsi, selon toujours ses rédacteurs, par un manque flagrant d’imagination, une absence totale d’autorité et d’esprit d’initiative en offrant ainsi à tout un chacun le loisir de constater de graves carences dans tous les domaines de la vie quotidienne.
D’ailleurs, ils se disent convaincus que leur appel à la raison trouvera toujours le même mépris auprès de ces partisans de l’amateurisme politique, décidément hermétiques à toute bonne gouvernance et cette situation les pousse à geler leur activité au sein de cette assemblée mosaïque. Quelques jours seulement séparent la déclaration de ces élus de celle de l’élu indépendant à l’assemblée communale de Souk Oufella. En effet, dans une déclaration datée d’hier et titrée “qui cherche le blocage ?”, l’élu indépendant à l’assemblée populaire communale de Souk Oufella, délégué à l’environnement et président de la commission sociale et culturelle, vient d’annoncer la suspension de toute participation aux délibérations de sa commune. Restée bloquée pendant une année et demie, cette assemblée a trouvé son dénouement il y a moins d’une année de cela après que cet élu a convenu d’un accord écrit et paraphé avec les instances politiques et élus du parti au pouvoir, à savoir le RCD, comme il a tenu à le souligner dans sa déclaration, afin de réhabiliter l’assemblée légitime et recouvrer la souveraineté confisquée par le pouvoir de substitution. Hélas, dira le rédacteur, le maire se conduit comme un simple fonctionnaire aux ordres et dont les décisions sont prises en dehors du cadre légal, avilissant ainsi le rôle de l’assemblée et exacerbant les dissensions internes de ses membres, participant par là sciemment à son dysfonctionnement.
Cet élu conclura sa déclaration en disant refuser de cautionner davantage ce genre de dérives et décide par conséquent de s’en remettre à l’opinion publique et de suspendre sa participation à toute délibération équivoque. Alors que ces derniers jours, deux communes sur les sept bloquées à travers toute la wilaya viennent de trouver un dénouement heureux, voilà que quatre élus indépendants des assemblées d’Aokas et de Souk Oufella jettent un véritable pavé dans la mare en remettant en cause tout principe de gestion collégiale.
Les premiers blocages apparus au lendemain des élections locales étaient réellement dus à une obstination obéissant plus à des considérations d’ordre partisane et au gré des humeurs qui a l’intérêt de la population.
Des pressions qu’elles soient de la population ou de l’administration ont fait que des déblocages ont eu lieu au bout d’un certain temps.
Mais apparemment, la nouvelle situation de cohabitation commence à montrer ses limites. Dans notre édition d’hier, nous avions repris la déclaration du wali qui disait favoriser le dialogue afin de débloquer toutes les APC restantes tout en suivant le processus réglementaire en la matière. Les populations doivent-elles prendre leur mal en patience jusqu’aux prochaines échéances électorales tout en espérant que le principe de la proportionnelle soit remplacé ?
A. Gana
