Tamazight enseignée par la nature

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Depuis deux semaines, un groupe d’étudiants du lycée Ben Badis, supervisés par leur professeur de tamazight se sont lancés dans l’élaboration d’un ambitieux projet, celui de dresser un lexique de la faune et la flore existantes au niveau du Parc national du Djurdjura, en tamazight. Ce groupe qui s’est scindé en deux (02) sections est parti à l’assaut de la nature pour répertorier le maximum des éléments naturels et les identifier en dressant pour chaque espèce une fiche technique. La première section a ciblé comme base de départ le musée du secteur Thala Rana dont le siège est implanté à Saharidj. Cette section, après avoir identifié, répertorié et traduit en langue berbère quelques dizaines de plantes et animaux empaillés exposés dans ce musée, se sont dispersés à travers champs à la recherche d’autres plantes, aidés en cela par la population en particulier les personnes âgées qui se prêtent volontiers et qui adhérent pleinement à cette opération d’identification et de traduction en langue berbère des plantes.

Les agents du Siège du secteur Thala Rana se sont à leur tour impliqués en mettant à la disposition des étudiants toute la documentation et brochures se référant à la faune et à la flore du PND. Ces agents envisagent d’en tirer profit en enrichissant le musée de plusieurs espèces de plantes dont la majorité d’entre elles sont de la famille des herbes.

La deuxième section a ciblé dans un premier temps la phénoménale Source noire (El Ainsar Abarkane), à proximité du village Imesdhourar ; les membres de cette section s’attellent à l’heure actuelle à une reconnaissance des lieux avec des enregistrements audiovisuels, là aussi, les étudiants ont dressé une fiche technique comportant tous les détails, la qualité de son eau entre autres. Cette deuxième section a bénéficié à son tour d’une assistance sans réserves des villageois. A la passion des étudiants, s’ajoute un intérêt particulier de la population ; la finalité de ce projet promet d’être instructive et attractive d’autant plus que dans la région de M’chedallah, la population s’intéresse de prés à tout ce qui reflète Tamazight.

C’est ainsi que Alili (laurier rose), Asennan a waghyoul (chardon), Alezzaz (sain-bois), Amezzir (santoline), Aqejjir an thaghat (chèvrefeuille) parmi des centaines d’autres espèces sont passées en revue minutieusement par ces étudiants qui y mettent du cœur à l’ouvrage sous la poigne du professeur S. Messaoud qui “dégouline” de tamazight et qui a réussi la prouesse, rappelons-le, de faire admettre à 100 % à l’examen du bac les élèves du lycée Ben Badis de cette matière en 2009. Parmi ses élèves, figurent des étudiants d’origine arabe qui ont décroché une note de 15/20 en tamazight durant cet examen.

Oulaid Soualah

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