Le P/APC de Tizi-Ouzou poussé à la démission

Les dysfonctionnements qui caractérisent l’APC de Tizi-Ouzou avaient poussé un groupe d’élus de la majorité mais surtout de l’opposition à lancer une pétition pour un retrait de confiance à l’actuel maire appartenant au Front de libération nationale (FLN). Nos sources indiquent que la motion de retrait de confiance circule déjà dans les « travées » de la municipalité et qu’un vice-président de l’exécutif et des membres de l’opposition auraient déjà apposé leurs signatures sur le document. Les élus de l’opposition reprochent surtout à l’actuel exécutif formé par le FLN, le RND et le RCD « la paralyse totale des organes de l’assemblée communale », citant l’exemple de « la non-tenue de réunion de l’assemblée depuis des mois ». « Plusieurs affaires courantes qui concernent directement la population restent en suspens face à la passivité de l’exécutif. Depuis six mois, les projets réalisés dans le cadre des PCD 2009 ne sont toujours pas budgétisés, causant un énorme préjudice à l’APC », confie un élu de l’opposition. Ce dernier ajoute, comme pour illustrer le marasme dans lequel sombre l’APC de Tizi-Ouzou, la récupération des biens communaux dont la prise en charge n’arrive pas. Le dossier de l’actuel siège de l’Actel (centre-ville) attend une déliberation qui ne vient pas. L’APC ne reçoit depuis 1962 aucun dinar de l’actuelle en contrepartie de l’exploitation des locaux qui sont un bien communal. « La délibération devra permettre une actualisation du loyer », indique notre source qui précise que « les services du patrimoine de l’APC auraient à plusieurs reprise tenté de résoudre le problème, rien n’y fait à ce jour ». « Il y a aussi le siège de l’artisanat, l’hôtel Balloua que gère l’ETK, des biens communaux que l’APC doit exploiter », précise notre « interlocuteur.

Des commissions inopérantes…

Des sources au fait de ce qui se « trame » au niveau de l’APC nous ont confié que le maire serait lâché même par ses pairs au FLN qui « guettent » la première occasion pour s’en « débarrasser » sans faire de vagues. Le prochain congrès du parti de Belkhadem qui se tiendra en mars prochain empêcherait la mouhafadha de Tizi-Ouzou d’approuver un changement à la tête de l’APC même si le sort de l’actuel P/APC serait tranché en haut lieu. Ce dernier, confient des sources crédibles, subit actuellement des pressions « terribles » en vue de présenter sa démission et sortir ainsi de la « grande porte » après un passage peu prolifique à la tête de la commune la plus importante de la wilaya de Tizi-Ouzou. Les élus de l’opposition dénoncent le blocage des organes permanents de l’APC à l’image des commissions, sociale, finances et l’urbanisme. Ces dernières qui se réunissaient chaque mercredi du temps des ex-équipes commune, sont actuellement presque à l’arrêt, ce qui fait que de multiples problèmes et autres litiges que devaient régler ces même commissions, demeurent à ce jour sans solutions.

Divorce consommé entre villageois et APC !

Cet état de « délabrement » dans la gestion de la municipalité est aussi représenté dans l’approche de gestion des affaires de la population. le fossé entre les villages de la commune de Tizi-Ouzou et leur exécutif n’a jamais été aussi « large » que durant le règne de l’actuel P/APC.

Les comités de villages ne s’adressent plus à l’exécutif communal pour la prise en charge de leurs préoccupations en prenant directement attache avec les directions sectorielles.

Des quartiers sont abandonnés à leur sort. Les 600 logements de la Nouvelle-Ville, les ruelles « délabrées » de la cité des Amandiers en face de la cité universitaire Hasnaoua, sont des illustrations parfaites d’un tel état de fait. Le maire, abandonné par les siens, ayant tourné le dos à l’administration, se retrouve « paradoxalement » seul face à la rue qui gronde. Les entreprises impayées et qui pousse le trésor à débiter « automatiquement » du compte de l’APC provoquant un « dérèglement » du budget communal, l’enquête de l’IGF, le retrait de confiance, les reproches de la propre famille politique, autant de « griefs » et autres lourds dossiers qui poussent l’actuel premier magistrat à « remettre le tablier ». La période des turbulence ne fait, paraît-il, que commencer au sein d’une APC atteinte d’une maladie s’appelant « l’instabilité.

Tayeb Laoui