La nouvelle cité invivable

Les locataires de la cité « Thaqaats idheballen », futur chef-lieu de la commune d’Aït Yahia, n’ont, semble-t-il, pas fini de broyer du noir. Malgré de nombreuses requêtes adressées aux autorités, leurs conditions de vie demeurent des plus précaires. Véritable cité dortoir, cet ensemble d’habitations ne possède aucune structure d’accompagnement qui viendrait faciliter le quotidien des locataires. Un seul magasin de fortune, pourvoit aux besoins les plus urgents. De toute façon, l’accès aux lieux ne permet pas de miracles. C’est d’ailleurs la question prioritaire des habitants, ces derniers jours. La piste qui dessert Taqaats idheballen (nom de la cité) est impraticable, durant tout l’hiver. « Même le boulanger qui approvisionne le magasin en pain, ne peut y accéder qu’en 4×4 » nous dit Djamel, un locataire.

En colère, des membres du comité nous ont rejoint, pour nous faire part de leur détresse. Chacun d’eux a une anecdote à raconter ou une insuffisance à signaler. On apprend dans la foulée que plusieurs voitures ont été endommagées par l’état du chemin. On nous informe, par ailleurs que, faute de véhicule, capable de franchir ce marécage, des parents de malades ont dû les transporter sur leur dos jusqu’à la route nationale. L’intérieur de la cité n’est pas mieux pourvu. Elle est plongée dans le noir total dès la tombée de la nuit. Les immeubles sont dépourvus de minuterie alors que l’éclairage extérieur reste toujours dans le domaine des vœux pieux. Les lève-tôt ou les retardataires, sont confrontés à l’insécurité et aux chiens errants qui hantent les allées. En cette période, c’est munis de torches, que les travailleurs sortent le matin pour rejoindre la route carrossable et y prendre un fourgon.

« A l’insécurité vient s’ajouter l’insalubrité », nous dit-on. Le ramassage des ordures ménagères ne se fait que deux fois par semaine. Pour se débarrasser de ses déchets, mieux vaut être présent, au moment du passage du tracteur qui bat le rappel à coups de klaxons. Faute de niche à ordures, les absents doivent conserver leurs ordures, jusqu’à la prochaine collecte. Constitués en comité, quelques volontaires tentent tant bien que mal, d’attirer l’attention de l’APC et de la daïra sur la mal-vie. Jusqu’à la prochaine collecte. Jusqu’à maintenant rien ne pointe à l’horizon. « Bien que des promesses nous aient été faites, rien ne semble venir », ne cesse de répéter notre interlocuteur.

A. O. T.