La commune d’Ath Yahia Moussa compte trois importants carrés de martyrs : six janvier 1959, cinq mars 1959 de Tachtiouine et quinze mars 1955 de Tafoughalt. Pour le 51e anniversaire de la bataille du cinq mars, de nombreux citoyens ainsi que des moudjahidine et d’enfants de chouhada ont déposé une gerbe de fleurs au carré des martyrs où reposent les martyrs de la bataille et bien d’autres.
De témoignages poignants ont été entendus. De son côté, le responsable de la Kasma des Moudjhidine d’Aït Yahia Moussa a souhaité la bienvenue aux invités avant de s’étaler un peu plus sur l’engagement de la région durant la guerre de Libération nationale. Nous avons eu l’occasion d’entendre aussi le témoignage d’un rescapé de cette grande bataille en la personne de Ali Yadadène dit Ali Ihadadène. Ce dernier a replacé cette bataille dans son contexte historique avec la création des katibat.
« C’est la katiba du Djurdjura qui a mené cette bataille sous le commandement de Bensaâd Slimane. Nous avons perdu trente-six martyrs et beaucoup de blessés », a-t-il expliqué avec d’autres détails qui ont jalonné cette journée mémorable du cinq mars. Alors que Ameur M’hamed dit Mohamed Lâkourène a été plus explicite en reconnaissant que la région d’Aït Yahia Moussa est la première en Algérie à avoir fait tant de sacrifices c’est pourquoi il est temps d’écrire l’histoire.
« Il faut faire des investigations et des recherches en vue de retrouver les noms des martyrs enterrés dans ce carré des martyrs et ceux de la grotte dont vous parlez. Aït Yahia Moussa est le bastion de la révolution » a-t-il ajouté. Mais, après le témoignage d’Amar Mirabeau dit Fedjir Amar au sujet des quarante-cinq personnes enterrées vivantes à l’intérieur de la grotte de Afroune le six janvier 1959, les voix se sont élevées tant celles des moudjahidine que des enfants de chouhada de faire cette prospection afin d’ériger au lieu et place de cet endroit, une stèle et l’inscrire comme monument historique national. Le maire de la commune a promis, lui aussi, de faire tout, afin d’arracher un monument à construire au chef-lieu où seront gravés tous les noms des sept cents martyrs de cette municipalité sévèrement meurtrie durant la guerre de Libération nationale.
Amar Ouramdane
