Thiziri : une étoile montante ignorée

Elle évolue au sein du club sportif de M’chedallah (JSM). Elle a 16 ans et collégienne en 2e AM au CEM Amrouche Mouloud. Fertas Thiziri a réalisé un parcours fulgurant dans la discipline de la lutte libre en se hissant sur le podium africain en 2009 arrachant haut la main la place de 1ère vice championne d’Afrique après avoir régné sans partage au sommet de cette discipline en Algérie durant ces 04 dernières années (2006/2009) soit quatre fois d’affilée championne d’Algérie.

Voulant continuer sur sa lancée, elle se prépare… d’arrache-pied pour participer aux Jeux olympiques qui se dérouleront probablement en Tunisie en 2010. Ce bout de femme qui dégage une extraordinaire force tranquille, ambitionne de devenir championne du monde, « un titre que je sens à ma portée » s’exclama-t-elle avec conviction et une émouvante candeur.

Nous découvrîmes notre championne au centre sportif de proximité de M’chedallah (CSP) durant une séance d’entraînements dans une salle délabrée dont le seul équipements sont quelques tapis usés, les vestiaires sont dans un état central. Issue d’un milieu modeste et superbement ignorée par les autorités locales, malgré ses éclatantes victoires, Thiziri continue son ascension dans l’anonymat tenue à l’écart et marginalisée par ceux là même censés lui apporter aide, assistance et surtout un soutien moral dont elle a grandement besoin. Ni l’APC de Saharidj dont elle est originaire (village Ath Oualvane) ni celle de M’chedallah où elle est résidante, ni encore moins le mouvement associatif, à commercer par celui de son village d’origine, tout ce bon monde prompt- à fêter n’importe quoi en organisant des cérémonies commémoratives ou honorifiques où sont conviés de préférence les médias et les autorités supérieures n’ont daigné, faire un geste d’encouragement envers cette championne qui donne la nette impression d’être suffisamment motivée et déterminée à monter sur la plus haute marche du podium mondial dans cette discipline. Son entraîneur, M. Benouh Karim qui partage la même détermination à faire arracher à Thiziri le titre mondial et faire d’elle une brillante étoile comme l’indique son prénom déplore à son tour le désintéressant total dont elle est victime. Toutes ses tentatives d’attirer l’attention sur le cas de sa discipline se heurtent à un mur d’indifférence, soupira-t-il dépité ce qui démontre on ne peut mieux du peu de cas qu’on fait du sport dans ces régions du pays profond. Sans moyens et sans soutien, sa seule volonté suffirait-elle à cette athlète d’atteindre son objectif et hisser le drapeau national au sommet de la pyramide de cette discipline ? Voilà un cas qui doit intéresser les adeptes du sponsoring car elle mérite être pris en charge par ceux qui se targuent (de préférence devant les caméras de l’ENTV) d’aligner l’Algérie au top des nations dans tous les domaines. Hélas ! Thiziri n’est que la fille d’un pauvre citoyen issu d’une famille révolutionnaire des fins fonds de la Kabylie loin des projecteurs.

O. S.