Jamais de mémoire d’ancien on avait vu un vent d’une telle puissance. « Je n’ai plus dormi à partir de une heure du matin » nous dit Dda Djaffar, un sexagénaire qui redoutait les dommages qui allaient être causés et qu’il dut constater, le lendemain matin. Dans la nuit, le vent avait encore fait des siennes.
A Michelet ville, sa violence était telle qu’une maison a vu toute sa toiture emportée. Des fils téléphoniques ont été arrachés en plusieurs endroits, alors que la ville est restée privée d’électricité en début de matinée de mercredi. Des branches d’arbres et des objets de toutes sortes, emportés par le souffle du vent, jonchaient le sol.
Comme à chaque tempête, ce sont les assiettes des paraboles qui sont les premières touchées. Celles qui n’ont pas été emportées, ont été froissées sur leur mât. Ce qui fait l’affaire des vendeurs de matériel électroménager qui écoulent leurs stocks. Dans certains villages, on nous rapporte que des habitations ont perdu beaucoup de tuiles et de nombreuses baraques endommagées. Un poulailler a perdu tout son toit, à Ath Bouyoucef. Des arbres tombés sur les routes ont causé des accidents, heureusement sans dégâts corporels.
Un voyageur qui devait se rendre à Tizi Ouzou, nous raconte sa mésaventure. Il avait emprunté la route nationale n°30. « Quelques kilomètres après le barrage militaire de Takhoukht, je me suis retrouvé nez à nez avec un énorme eucalyptus, déraciné et dressé en travers de mon chemin ».
Si dans sa manœuvre il a pu éviter le choc frontal avec l’obstacle, il n’a malheureusement pas pu épargner de sérieux dégâts à son véhicule.
Lui sa mère et sa soeur s’en sont sortis, heureusement, indemnes sans un traumatisme qu’ils garderont toute leur vie.
Le vent devient de plus en plus fort et dangereux, ces dernières années. Celui de la nuit de mardi à mercredi, a été particulièrement violent, au point où rares sont ceux qui ont pu fermer l’œil, avant six heures du matin. Des bulletins météo spéciaux devraient être diffusés à toute la population. Jusqu’à maintenant, on se contente de les envoyer aux APC, ignorant totalement le public, le principal concerné. Pour éviter les conséquences fâcheuses dues aux intempéries, les BMS doivent être largement diffusés dans les villages.
A. O. T.
