M’chedallah : Pistes forestières : un élément entrant dans le cadre du dispositif anti-feu détérioré

La majorité des pistes forestières récentes ou anciennes ont été durement affectées par les fortes précipitations de l’hiver et du printemps de cette année, particulièrement au niveau des ruisseaux et ravins où la plupart des ouvrages ont été soit emportés soit en partie détruits par les crues provoquées par les pluies torrentielles en plus des éboulements et affaissements le long de ses pistes.

La rapidité de la détérioration de ces ouvrages s’explique par l’état des terrains forestiers de la daïra de M’chedallah, en pentes forts accidentées et une gravitation accentuée qui transforme la moindre chute de pluie en de violents torrents, qui balaient tout sur leurs passages et qui grignotent un peu plus sur les pistes à chaque précipitation au point où, à l’heure actuelle, la plupart d’entre elles sont inutilisables et hors d’usage.

Il va de soi que ces voies d’accès sont d’une inestimable importance pour la préservation du tissu forestier et même des terres agricoles limitrophes et constituent l’élément essentiel dans le dispositif de lutte contre les feux de forêts.

Le retard mis pour le déclenchement de l’opération d’entretien de ces pistes et la réparation des ouvrages détruits vont déboucher sur un effet inverse à celui escompté au départ, et ferait de ces pistes une menace numéro un en matière de départ d’incendies, sachant que les buissons et arbres arrachés lors de leur aménagement ont été remplacés par de hautes et touffues herbes sauvages, qui une fois sèches, deviendront facilement inflammables.

Le retard mis pour lancer l’opération de désherbage en bordures des routes, qu’on a dénoncé dans un récent article, est valable aussi pour ces pistes forestières, un cas qui doit être pris en charge avant l’arrivée des grandes chaleurs.

Même si l’on n’arrive pas à réparer ces pistes à temps pour permettre une circulation facile des engins anti-incendies, en débarrassant les pistes de l’herbe sauvage, grâce à cela, on obtient des “ralentisseurs” infaillibles pour freiner la progression des flammes qui faibliront en atteignant les bordures de la piste c’est en ces points que n’importe quel incendie et quelle que soit sa force et son envergure peut être maîtrisé et étouffé à la seule condition que ces bordures soient bien nettoyées. D’autant plus, que certaines pistes ne demandent que quelques réfections pour leur remise à l’état mais pour d’autres par contre, qui ont subi d’énormes dégâts particulièrement celles qui traversent de profonds ravins et de hautes collines et ce sont les plus nombreuses, le coût de leurs réparations reviendrait au même prix que l’ouverture d’une nouvelle piste. Cette année et grâce à un taux de pluviométrie assez important, il est constaté une reprise fulgurante du tissu végétal dans toutes les surfaces détruites par les incendies durant ces 5 dernières années au niveau du vaste territoire forestier de la daïra de M’chedallah, composé à hauteur de 80% de pins d’Alep qui constituent une véritable pépinière naturelle à perte de vue qu’aucune force humaine ne peut reconstituer ; il serait dommage de la voir de nouveau, partir en fumée et réduite en cendre. La population de la région a eu à faire le constat entre des terrains calcinés offrant un paysage lunaire et cauchemardesque et les vastes forêts luxuriantes et paradisiaques, une population qui ne souhaite pas voir se reproduire les catastrophes des années précédentes et ne serait rassurée que lorsque toutes les mesures de protection de ces forêts soient prises.

Oulaid Soualah