“S’il existe plusieurs manières de faire quelque chose et que l’une de ces manières est susceptible de se solder par une catastrophe, on peut être certain que quelqu’un se débrouillera pour la choisir” dixit Edward A.
Ce n’est qu’hier que les conclusions de l’étude technique de confortement du versant menacé par un glissement de terrain au niveau de la ville de Aïn El Hammam, ont été rendues publiques. L’information provoquera certainement chez la population un sentiment de soulagement après des années d’incertitude et d’angoisse. Même que l’on se demande du côté de l’ex-Michelet, pourquoi le problème a pris l’allure d’un feuilleton sans fin ? Quelles sont les raisons du retard dans le traitement du dossier ? Y a-t-il eu une mauvaise appréciation du problème ? Les autorités ont-elles sous-estimé le danger qui pouvait naître d’un tel laisser-aller ?. Moult interrogations qui attendent des réponses de la part de ceux qui avaient la charge des affaires de la commune de Aïn El Hammam. Le problème du glissement de terrain dans cette région a été soulevé durant les années 1960. Depuis, les responsables se sont perdus dans une politique de replâtrage, laissant libre voie à une urbanisation anarchique, une gestion “populiste», plaire à X et ne pas provoquer le courroux de Y. Une approche de gestion privilégiant l’équilibre sur une gestion rationnelle des affaires de la cité. Plus de trente ans après, le constat est là les autorités n’ont pu anticiper une catastrophe qui menace des vies humaines et plus de dix hectares de la ville. Un cuisant échec que n’assumeront, malheureusement pas, tous ceux qui se sont succédés à la tête de l’autorité locale. C’est justement dans ce contexte de vide en terme d’autorité publique, de laisser-aller et d’une passivité apparente que des niches d’habitations avait poussé comme des champignons autour et sur la partie menacée par le glissement. L’évolution démographique dans cette partie est estimée à 120% entre 1968 et 2010. Peut-on à ce sujet, incriminer le citoyen pour son inconscience ? Une certitude, l’Etat se retrouve dans l’obligation de compenser son manque d’anticipation, et d’investir dans de gros équipements et surtout de mettre la main à la poche pour ce qui pourrait être le plus gros budget alloué pour une collectivité. Et là encore, on risque de reconduire les mêmes comportements égocentriques, il y aura ceux qui tenteront de se remplir les poches car l’enveloppe s’annonce colossale. La promotion des véritables outils de gestion comme mode d’emploi à toute budgétisation, l’élimination de la médiocrité au niveau local et l’application stricte d’un contrôle rigoureux sont à même de garantir la réussite du plan de sauvetage annoncé pour la ville de Aïn El Hemmam. Le glissement de terrain résolu, cela ne doit pas laisser place à une autre anarchie qui régnera sur les travées de cette ville, la remise en l’état des lieux devrait être justement un point incontournable dans les cahier des charges de toute l’opération.
Omar Zeghni
