Le 18 juin 2010, journée singulière, palpitante pour les algériens, notamment les férus de la balle ronde.
A Boumerdès, comme dans d’autres régions du pays, l’angoisse nouait la gorge de tout un chacun. On craignait un (autre) faux-pas de Ziani et consorts.
Juste parce qu’on avait l’impression que le signe indien, une sorte de malédiction nous poursuivait depuis cette demi-finale, en Angola, contre l’Egypte.
Mais voilà qu’avant-hier, dans la soirée, l’EN s’est surpassée majestueusement pour tenir en échec l’Angleterre.
Et ce fut encore une fois une ambiance folle. Défilé de voitures, des klaxons sans interruption, à travers les ruelles de l’ex-Rocher-Noir. Il est vrai que cette fois-ci, il n’y eut guère de débarquement en force des supporters, similaire à ceux constatés à Oran, Alger, Constantine, Béchar ou Ouargla. A Boumerdès, on commentait plutôt, dans le sens positif, cette performance de l’équipe nationale réalisée face à la perfide Albion. “Sachez que c’est aussi une victoire contre celle qui s’affuble du nom d’Oum Eddounia», lance à la cantonade, Samir, dans l’esplanade du cadé Madaur du centre-ville. Mais bien sûr lui rétorque-t-on, chaque exploit de l’Algérie est un coup frappé en plein cœur de cette terre d’arrogants, n’ayant que la tricherie, la fourberie et l’apla-ventrisme comme moyens de survie. Dans la siorée d’avant-hier, sport et politique faisaient encore bon ménage.
Les circonstances exigent qu’en ce début du troisième millénaire, où plus que jamais il n’y a de place qu’aux plus forts, notre pays doit émerger. Montrer ce dont il est capable dans tous les domaines. Parmi les 32 nations, dans ces joustes de l’Afrique du Sud, on espère encore que l’Algérie décroche une place honorable. Ses représentants, tous jeunes et beaux ont le talent et la manière pour se surpasser et donner des leçons aux arrogants de tout acabit. Et “si Dieut le veut, aucune force n’arrêtera Boudebouze et consorts», lance Ahmed, en souriant. Bouguerra, Boudebouze, Anthar Yahia, à eux seuls, ont déjà de moins qui expriment cette force, le refus de se plier devant l’adversité.
Salim Haddou
