Il était pratiquement impossible de trouver un seul sachet de lait en vente dans les localités du sud de la capitale du Djurdjura. De Souk El Tenine aux Ouadhias, en passant par Mechtras, la réponse des commerçants et des laitiers est la même “le camion-livreur n’est pas passé aujourd’hui. Il faut peut-être attende demain», disent-ils.
En effet, la rareté du lait en sachet normal vendu à 25 DA se fait de plus en plus rare depuis maintenant plusieurs semaines.
Du coup les longues files d’attentes et les bouscoulades devant les différents points de vente de ce produit de large consommation, réapparaissent au grand dam des citoyens qui ne savent désormais où donner de la tête. En plus de la rituelle flambée des prix qui caractérise le marché voilà encore la pénurie qui ressurgit, faisant rappeler aux citoyens, d’ici-bas, les années de vaches maigres.
Des années où il fallait galérer des journées entières pour acheter un petit kilo de lentille, de poischiches ou de tout autre produit. Un citoyen que nous avons rencontré du côté de Maâtkas, sans doute scandalisé par la rareté du lait en sachet râlera : “Un malheur n’arrive jamais seul. Comme si la cherté ne suffisait pas. Maintenant, on a droit à la pénurie. Veut-on nous affamer ou nous occuper ?», se demandera-t-il.
Un autre citoyen dans la localité des Ouadhias relèvera : “Pour acheter un ou deux sachets de lait, il faut se lever tôt et on n’est pas sûr d’avoir ses deux sachets car le livreur n’est pas ponctuel et puis les quotas sont insuffisants. Il paraît qu’eux aussi, ne sont pas suffisamment approvisionnés. ”
Le livreur ne passe qu’un jour sur deux
Un commerçant que nous avons saisi à propos de l’indisponibilité du lait en sachet expliquera : “D’abord, le livreur ne passe qu’un jour sur deux et ça lui arrive de ne pas passer pendant deux journées consécutives. En plus, nos quotas sont revus à la baisse. ” Un livreur que nous avons également questionné sur l’indisponibilité du lait en sachet ajoutera : “Il y a des jours où l’on fait le voyage jusqu’à l’usine de Draâ Ben Khedda et on revient bredouille. Lorsque l’on nous sert eh bien, ils ne nous donnent pas la quantité souhaitée. Il paraît qu’ils n’ont pas des stocks de poudre de lait suffisant pour couvrir la demande”. Il faut également signaler qu’en plus de toutes ces raisons, il y a certains commerçants qui se soucient de leurs gains et se réservent une bonne partie de leur livraison pour la fabrication des crèmes et des glaces. De toute les manières la crise perdure et les citoyens se sentent livres à eux-mêmes. A l’approche du ramadhan, une période où la demande sur le lait augmentera, les citoyens ne sauraint plus quoi faire si la rareté se prolonge.
Hocine Taïb
