Les débats ont été houleux à la réunion du conseil de l’UNPA de la wilaya de Béjaïa, qui s’est tenue dans la journée d’hier, à I’INRA de Oued Ghir, M. Iskounen Med Arezki président de l’UNPA et de la Chambre de l’agriculture a dû user de toute son autorité et de tout son doigté pour ramener le calme lors de cette réunion, dont les réponses fournies par les responsables de l’administration aux questions des fellahs étaient loin des attentes de ces derniers.
A titre d’exemple, alors que tout le monde s’accorde à dire, qu’il y a un manque de PPDRI dans la wilaya, mais aussi de coordination entre les différents services de la wilaya dans la concrétisation des opérations engagées et que dans un village, plus de deux tiers des demandes de participation au PPDRI sont refusées et que, selon un fellah, parmi celles qui sont acceptées, deux reviennent à la même famille (un père et son fils).
Le représentant des forêts, l’organisme chargé de piloter les opérations PPDRI, déclare contre toute attente, qu’en ce qui concerne ces programmes tout baigne dans l’huile à Béjaïa, puisque sur 44 dossiers de PPDRI, 37 sont acceptés et que le problème demeure seulement dans la formation des 11 bénéficiaires de modules d’élevage. Intervenant à son tour, un autre fellah reproche au même fonctionnaire, le fait qu’après avoir promis au fellah de la région d’El Kseur des plants d’oliviers, et qu’après que celui-ci, ait creuse des fosses à cet effet, le camion qui apporte les plants le jour de la venue du ministre de l’Agriculture soit reparti avec son chargement juste après le départ du membre du gouvernement. En réponse à cette question qui a soulevé la désapprobation de la salle, ce responsable des forêts n’a pas trouvé mieux, que d’imputer le fait au manque de sécurité de la région.
Ce même argument de sécurité est aussi repris par un autre responsable pour justifier la non organisation de battues dans la région pour diminuer, un tant soit peu, le nombre de sangliers qui font des ravages dans les cultures.
Un fellah martèlera à ce propos, que quelque 80% des champs de céréales, sont saccagés par les sangliers. L’assistance approuve l’intervenant et saisit cette occasion pour réclamer la restitution des fusils de chasse.
L’autre point qui a retenu l’attention des participants à la rencontre, c’est assurément les décharges sauvages qui envahissent de plus en plus les villes et les villages.
Une élue APW de la commission environnement, déclare, en effet, que sur l’ensemble du territoire de la wilaya, il n’y a pratiquement pas d’endroit, où il n’y a pas de décharges sauvages implantées sur des terres agricoles ou même à proximité d’unité d’élevage du bétail et le plus souvent les animaux destinés à la consommation se nourrissent des déchets de la décharge. Ce qui risque, souligne-t-elle, de créer un jour ou l’autre, des problèmes de santé à la population. Selon un responsable de la chambre de l’agriculture, l’espoir de voir disparaître les décharges sauvages réside dans le plan 2010-2014, qui a prévu beaucoup d’argent pour la réalisation des CET.
S’agissant enfin de la préservation des terres agricoles le représentant de la direction des services agricoles a dit en substance qu’il n’est pluss possible aux fellahs, pour préserver leurs propres terres afin de s’opposer aux projets de développement, tels la pénétrante, le dédoublement de la voir ferrée, le branchement des foyers en gaz de ville ou le transport de l’eau de barrage de Tichy Haff.
Il est en revanche, toujours possible de minimiser les dégâts et d’obtenir des indemnisations équitables et de s’opposer aux constructions qui peuvent être réalisées ailleurs sur d’autres terrains qui sont retenus pour les cultures.
B. Mouhoub
