Cadre en sport, Ali Tellal a fait ses débuts au sein des clubs de la ville de Bouira, en l’occurrence, le MBB et le MCB. C’est aussi au sein de ces deux équipes qu’il a entamé sa carrière d’entraîneur. Après avoir drivé le MCB pendant trois saisons (2006 – 2009) avec lequel il jouera toujours les premiers rôles, il rejoint le MBB en début de la saison 2009 – 2010, dans une période cruciale. Surendetté le doyen des clubs de Bouira était au bord du gouffre et ne trouvait pas preneur, risquant même de disparaître. Malgré tous ses problèmes, grâce au travail de tout un groupe, du président, à l’entraîneur et aux joueurs, le MBB a réalisé une très bonne saison et termine deuxième au classement final ex-æquo avec le NRB Staoueli du groupe B, une des deux équipes devant accéder en régionale I.
La Dépêche De Kabylie : Comment avez-vous accepté de prendre les destinées du MBB en main tout en sachant que le club était au bord du gouffre ?
Ali Tellal : Ecoutez, je suis enfant de Bouira, c’est là que j’ai grandi et entamé ma carrière de footballeur, je n’ai pas pu rester indifférent à l’appel des dirigeants du club tout en connaissant la situation. On doit apprendre à se sacrifier pour son club, sans autres calculs ou considérations, l’urgence pour moi était de sauver l’équipe.
Malgré tous ses problèmes et incertitudes, vous avez quant même réalisé un très bon parcours, c’était du a quoi au juste?
C’est surtout grâce au staff technique, à sa tête le président Khelfane qui n’a ménagé aucun effort pour aider le club qui était carrément abandonné. Il y a aussi la persévérance des joueurs que je tiens à féliciter à l’occasion. C’est un groupe très soudé ambitieux et motivé composé a 90% de joueurs de Bouira, avec une moyenne d’âge de 22 ans. Ils ont donné le maximum sans percevoir leurs dus.
Pour une équipe qui voulait juste sauver sa saison, elle termine 2e au classement général. Que s’est-il passé ?
A vrai dire, après avoir terminé la phase aller parmi le quatuor en tête, et vu le niveau du championnat qui était juste moyen, nous nous sommes dit qu’on pouvait faire quelque chose. C’est ainsi que avons décidé de revoir à la hausse notre objectif. On peut dire aujourd’hui qu’il est atteint, puisque on a terminé en deuxième position, synonyme d’accession en régionale I
Mais ce n’est toujours pas officiel, d’autant plus que le MBB partage cette deuxième place avec l’équipe de Staoueli qui évolue en groupe B ?
Effectivement, ce n’est pas encore clair, seuls les trois premiers ont été officiellement annoncés en R I ; on doit attendre la fin du mondial. On garde quant même l’espoir, ce serait formidable comme récompense pour tous les joueurs et surtout le public de Bouira qui nous a soutenus et cru en nous.
Revenons un peu au championnat où l’équipe, à l’instar du MCB, était perturbée par l’indisponibilité des stades, comment avez-vous géré tout cela ?
C’était le problème de trop, car nous avions déjà nos propres soucis. Au début du championnat, on nous demande de libérer l’OPOW, 10 000 places, en gazon naturel, pour la JSM Béjaïa et l’IB Lakhdaria. On recevait donc au stade, en très mauvais état, «Bourouba Saïd».
Quelque temps plus tard, La JSMB retrouve son stade, et de nouveau on regagne l’OPOW. Toutefois, à quelques journées de la fin, on décide de fermer l’OPOW pour l’installation d’une tribune, et de nouveau nous sommes renvoyés au stade «Bourouba Saïd».
Là aussi, ce n’est pas fini, car après seulement quelques matchs, on décide de fermer ce dernier. Nous avons domicilié notre dernier match en dehors de nos bases. Tout ceci nous a considérablement perturbés.
Il fallait tout de même nous consulter au préalable et songer à la stabilité des équipes.
Un dernier mot ?
Je souhaite vivement que le MBB accède en Régionale I. Ce sera une chose formidable, un honneur pour toute la wilaya de Bouira, qui s’ajoutera à l’accession de l’IB Lakhdaria, en Inter régions, et l’E Sour el Ghozlane en Nationale II, que je félicite à l’occasion.
Toutefois, je souhaite que les autorités de la wilaya aident davantage le sport pour son développement, sans oublier les équipes qui travaillent et qui se donnent à fond.
Entretien réalisé par Rayane B.
