Pour commémorer le 110e anniversaire de la mort d’Arezki L’Bachir et de Ahmed Oumarii, ainsi que le 20 Août, Journée nationale du Moudjahid, le village d’Ath Bouhini dans la commune de Yakouren a tracé un riche programme pour la journée du 20 août. En effet, une exposition de photos et d’objets traditionnels a été organisée et une gerbe de fleurs a été déposée au cimetière des martyrs que le village a rénové. Les stèles d’Arezki L’Bachir et Ahmed Oumarii ont été inaugurées. Durant toute la journée, des prises de paroles ont eu lieu pour évoquer un pan de l’histoire du village et de ses enfants, d’autres activités ont également eu lieu, Lwaâda, chorale poésie, etc…Durant l’après-midi, des conférences sur l’histoire locale et nationale ont eu lieu. Ainsi, M. Kacimi Zineddine et M. Yesmeche Rabah ont évoqué « les bandits d’honneur entre stratégie coloniale et mentalités locale ». Pour sa part, M. Younès Adli a présenté une communication sous le thème « Epopée d’Arezki L’Bachir et Ahmed Oumarii ». M. Hend Saâdi a animé une conférence sur « Abane Ramdane et le Congrès de la Soummam ». Pour clôturer le programme, un gala artistique a été organisé dans la soirée ou plusieurs chanteurs étaient présents, à l’instar de Taos Moh Tahir, etc… Des prix ont été remis aux lauréats des examens de fin d’année. Par cet hommage, les Ath Bouhini ont ressuscité les leurs dont leurs noms resteront gravés dans la mémoire collective, depuis le début de la conquête coloniale jusqu’à la guerre de libération ou le sacrifice était lourd. En effet, sur les 60 foyers que comptait le village durant la révolution, 84 chouhada sont recensés. Les héros d’Ath Bouhini sont restés dans la mémoire des leurs après des générations notamment ceux d’Arezki L’Bachir et Ahmed Oumarii qui reviennent sur la langue des villageois avec fierté. « En érigeant leurs stèles, on récupère nos héros qui ont été attribués par certains à d’autres régions qui ne sont pas les leurs », nous dit on. « Malgré l’image ternie que leur avaient donné les autorités coloniales, ils jouissent toujours d’un profond respect et d’une grande reconnaissance de la part de leurs concitoyens, car leur combat était noble. « , nous dit-on « Ils enlevaient aux riches pour donner aux pauvres », poursuit-on. Les autorités coloniales ne leur ont pas pardonné leur révolte et les ont condamnés à la guillotine. Une guillotine à laquelle ils ont fait face avec leur courage légendaire. En effet, avant son exécution, Arezki L’bachir dira à ses bourreaux : « Je suis entre vos mains et entre les mains de Dieu, faites de moi ce qui vous plaira. D’avance, je m’incline devant votre verdict et je dois cependant à la veille de la mort proclamer la vérité sans restriction et sans lâcheté ». Ainsi après avoir été guillotiné en public, sa tête a été exposée dans un musée en France, tout en inscrivant sur son font « Tête brûlée d’Arezki L’Bachir » nous dit la chanteuse Djamila, sa nièce.
N. Boukella
