Les habitants d’une grande partie de la wilaya de Tizi Ouzou pourront rallier, à partir de Oued Aïssi, la ville de Tizi Ouzou par ce train urbain qui fera plusieurs navettes par jour.
Ainsi c’est désormais du concret en matière de transport ferroviaire pour les communes de l’est de la wilaya de Tizi-Ouzou. Depuis hier, et ce, dans le sillage de la visite surprise qu’à effectuée le ministre des Transports Amar Tou. Ainsi, pour rallier le centre-ville du chef-lieu de wilaya, il est aujourd’hui possible de le faire par la voie du rail. Il est même possible de rallier Draâ Ben Khedda. Cette nouveauté pour les autochtones viendra à coup sûr, métamorphoser la dynamique du secteur du transport de la région et, du coup absorber l’insoutenable cacophonie existante dans les arrêts de fourgons jouxtant le stade du 1er Novembre.
Lors de sa visite, le premier responsable du secteur a tenu à rassurer, que toutes les conditions pour le lancement de ce train urbain dont la concrétisation a pris plus de 15 ans étaient réunies. Le seul bémol, pour le moment, c’est que les voyageurs n’ont pas cette possibilité de prendre ce train de son point de départ et cela, en raison du non achèvement de la gare devant desservir tout ce flux qui promet d’être record.
Dans le seul intérêt de la région, pour son développement économique et le rééquilibrage des micro-régions, n’était-il pas plus opportun de privilégier ce mode de transport de marchandise ou de voyageurs ? sachant que ce projet date des années quatre-vingt ? Mieux vaut tard que jamais. Il est aujourd’hui une réalité que le train fait partie du décor et que son apport ne manquera certainement d’être apprécié.
Il ne peut pas en être autrement pour cette partie est de la wilaya qui souffre de désenclavement, facteur qui inhibe tout développement régional et renvoie aux calendes grecques tout projet d’utilité publique conditionné par une liaison sûre et confortable.
Avec la livraison de cette liaison ferroviaire faisant office de prélude à son raccordement à la liaison Thénia – Tizi Ouzou, qui connaît certes, un semblant de retard pour son électrification, ainsi qu’une totale sécurisation, le développement régional prendra son essor.
Décongestionner la ville de Tizi-Ouzou, siège d’un intense trafic automobile
L’impact escompté de ce projet, ayant coûté 13 milliards de DA, a trait à une offre de transport d’une moyenne de 80 000 voyageurs/jour, à raison de huit dessertes en aller-retour, sachant que l’usage de ce moyen de locomotion contribuera grandement à décongestionner la ville de Tizi-Ouzou, carrefour économique et administratif, « siège d’un intense trafic automobile faisant de la wilaya, la région la plus mécanisée du pays, comparativement à son réseau routier », a estimé le directeur local du transport.
Avec l’arrivée de ce nouveau mode de transport, aussi bien de marchandise que de voyageurs, il est, par ricochet, permis d’entrevoir des projets d’utilité publique pouvant être érigés alors que le tissu urbain souffrait d’un drastique manque d’assiettes foncières. Ce problème, maintes fois soulevé par le wali, Hocine Maâzouz, s’explique par, entre autres, la dilapidation du foncier de la commune.
La communauté universitaire soulagée
Cette nouvelle acquisition par le secteur des transports de la ville des Genêts est réellement une bouffée d’oxygène pour la communauté universitaire, notamment avec l’entrée en exploitation de la seconde université pour l’heure en réalisation dans la localité de Tamda, conglomérats qui prévoit pas moins de 25 000 places pédagogiques en plus de celle relevant de l’université de Oued Aïssi, considérée, quant à elle, comme le second pôle universitaire de la wilaya.
Par cette acquisition, et partant du principe que le rail est le moyen de transport compétitif, de plus en plus préféré par les usagers, les étudiants n’auront plus à se perdre en conjectures pour rallier les amphithéâtres et leurs lieux de résidences. Chose qui venait alourdir le quotidien des étudiants au lieu de s’occuper des choses essentielles. Les retombées bénéfiques de cette infrastructure de base profiteront donc à cette frange de la société.
La zone industrielle de Oued -Aïssi respire !
La zone industrielle « Aissat Idir » de Oued Aïssi, où sont domiciliées d’importantes entreprises, telles que l’Eniem, Naftal, et la SNVI pourra être la première à bénéficier de cette importante acquisition si l’on devait considérer que l’aspect économique dans sa version acheminement de marchandises, est le premier maillon de tout développement.
En attendant la mise en exploitation de la ligne Alger – Tizi qui pourra donc rallier Oued Aïssi, cette région de Oued Aïssi, point de chute de milliers de voyageurs venus des communes avoisinantes, sera dans un avenir très proche un pôle de développement et, par évidence, un lieu de prédilection pour les investissements locaux et étrangers dès lors que le transport ne viendra pas décourager les bonnes initiatives.
Ferhat Zafane
