Jeunesse, richesses et… déception

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En 48 ans de souveraineté l’Algérie a eu le mérite de tout faire et de ne rien faire à la fois. Comme lors de chaque célébration du 5 Juillet, un bilan s’impose a nous pour se dire les vérités qu’on a tendance à ignorer. L’Algérie aura connu le socialisme, l’islamisme, le libéralisme et le totalitarisme sans pouvoir atterrir sur un modèle qui lui sied parfaitement. Les régimes politiques qu’a connus le pays étaient, et le sont toujours, aussi versatiles que les hommes qui les représentent. Prés de cinquante ans après que l’indépendance fut arrachée aux Français, le pays continue à se chercher et a fini par adopter la gestion des équilibres au sommet de l’Etat comme seule règle de gouvernance. De fait, et en dépit de la relative sérénité retrouvée ces dernières années et des efforts consentis dans certains secteurs, force est de constater que l’on continue de naviguer à vue sans une vision claire et tranchée de ce que devrait être le modèle algérien. Deux générations sont nées après l’indépendance mais notre pays n’arrive toujours pas à réaliser une recette d’un milliard de dollars d’exportations en dehors des hydrocarbures. Les gigantesques infrastructures industrielles lancées et réalisées à l’époque de Boumediene font partie de l’antiquité nos banques sont connues pour être les plus archaïques de la région méditerranéenne, le taux de chômage n’a jamais été aussi inquiétant et les libertés individuelles sont toujours muselées ou surveillées. Même le secteur de l’investissement, auquel l’Etat a pourtant accordé une priorité toute particulière, a fini par échouer lamentablement pour être revu et remanié plusieurs fois. Ceci dit, il faudrait également préciser que plusieurs aspects de la vie de l’Algérien ont été certes, améliorés. Les conditions de vie ont été globalement, rénovés et modernisées. Le pays a pu se remettre de 15 ans de guerre fratricide et sanglante, retrouvé son statut de puissance régionale et est toujours considéré par ses voisins comme une puissante force militaire et diplomatique, et a même réussi a… qualifier son équipe de football au Mondial sud-africain. C’est dire que le tableau n’est pas aussi noir que certains peuvent le prétendre, mais on aurait certainement fait beaucoup mieux si nos conceptions de la vie politique, sociale et économique étaient plus sincères et moins perfides. Cinquante ans après l’indépendance, l’Algérie peut donc se targuer d’avoir tout fait et tout essayé sans pouvoir se décider. Le 5 Juillet, c’est également la Fête de la jeunesse. C’est peut-être à eux qu’échouera la délicate tâche de décider.

Ahmed B.

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