Ath Bouyoucef : Une stèle pour les martyrs de Tiferdoud

A l’entrée du tout nouveau monument, une longue liste de chouhada dont le plus jeune ne dépasse pas les seize ans, témoigne des sacrifices consentis par le village de Tiferdoud pour l’indépendance de l’Algérie.

Erigée à l’entrée du village, sur le bas côté de la route nationale n°15, une stèle commémorative, a été inaugurée à l’occasion de la fête de l’Indépendance en présence d’une foule nombreuse.

La stèle, un chef d’œuvre architectural est un mélange de quatre symboles. On y retrouve, entre autres,  » des motifs, incarnant l’amour de la patrie, à travers la carte d’Algérie, protégée par deux fusils lesquels symbolisent la révolution. Le losange du centre, un motif bien connu, représente la bonté alors que celui de la base de la stèle, met en évidence l’identité amazighe  » nous explique son concepteur. Les autorités civiles et militaires des daïrates d’Iferhounene et d’Aïn El Hammam ont été invitées à assister à cet événement que le village voulait grandiose. Comme pour toute manifestation du genre, un programme de festivités récréatives a été soigneusement préparé par le comité d’organisation qui n’a pas lésiné sur les moyens pour marquer les esprits. Avec une organisation à la hauteur de l’événement, on peut affirmer que Tiferdoud a réussi à marquer les esprits de ses hôtes. Outre le dépôt de la traditionnelle gerbe de fleurs et l’inauguration officielle de la stèle, les festivités, ponctuées par une troupe folklorique d’  » idhebalen  » ont donné un air de fête au village dont les habitants (des centaines d’hommes et de femmes) ont contribué ne serait-ce que par leur présence, à faire du 5 juillet 2010, une journée inoubliable. Les villageois ont, par la suite, partagé le couscous de la waâda offert aux convives. La fête continuera jusque tard dans la nuit avec la troupe d’idhebalen, en alternance avec des sketches. Des détails concernant ce village renommé dont le point habité est le plus haut de la Kabylie, avec une altitude de 1197 mètres, qui a été de toutes les batailles, mérite d’être souligné. Lors de la collation, une vieille femme, Nna Fetta, arrive comme si de rien n’était, avec un drapeau que des Moudjahidine lui avaient offert, en …. 1956. Il y a lieu de rappeler aussi, que Tiferdoud est fière de son autre héros, d’après-guerre. Car, bien qu’ ayant perdu la vie, à une époque différente que celle de la guerre de Libération nationale, Kamal Amzal, le premier martyr de la cause berbère, est né et enterré à Tiferdoud.

A. O. T.