Seddouk : Fête nationale de l’Indépendance célébrée dans le recueillement et les souvenirs

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A l’instar des autres contrées du pays, la fête de l’Indépendance a été célébrée durant la journée du 05 Juillet à Seddouk.

Ont pris part à cette commémoration historique, les enfants de chahid, les moudjahidine et les citoyens. Après la levée des couleurs et l’hymne national kassamen, le cortège s’est dirigé ensuite vers le cimetière des chouhada où une gerbe de fleurs a été déposée au carré des martyrs et la fatiha lue par un imam qui a rappelé aux présents que s’ils sont libres aujourd’hui, c’est grâce aux chouhada qui ont sacrifiés leurs vies, laissant derrière eux des veuves et des orphelins dont certains vivent encore dans la précarité. Ce que nous ne devrions pas oublier. Peut-on parler de l’histoire glorieuse de la région de Seddouk, sans évoquer le mémorable premier attentat perpétré à l’occasion du déclenchement de la Révolution du

1er Novembre 1954 par Kabache Med Akli et le commandant si Hamimi au lieudit « Sahel ». Ces derniers ont miné un pont qui a sauté au passage d’une patrouille de la gendarmerie faisant renverser leur véhicule. Les gendarmes en sautant du véhicule ont été abattus par les moudjahidine embusqués derrière les arbres de la pinède et lâchèrent une valse de balles sur l’ennemi. Depuis ce fait de guerre commis par deux valeureux moudjahidine de la première heure, l’endroit est baptisé le  » pont de la gendarmerie ». Ayant réussi leur acte avec bravoure, les moudjahidine s’étaient repliés alors par Ighzer Oucharab vers le village Asrafil, tandis que les paras français arrivés en renfort, ont découvert leurs morts et pour assouvir leur rancœur, ils se vengèrent en braquant lâchement leur artillerie sur les maisons d’en face, en tirant à volonté sur les familles, tuant le jeune Beddar Hocine dont on dit qu’il est le premier martyr à être tombé dans la région. Depuis cet acte héroïque, le village Assrafil est devenu la cible de l’armée française qui l’a incendié à deux reprises Dda Abderrahmane, malgré son âge avancé s’en souvient encore de cette journée de feu et de sang. « C’était en 1959, il était 9h du matin quand un grondement de tonnerre se fit entendre dans la vallée. La pièce de mortier placée sur la colline d’Ahrik est en batterie, pointé sur le village. Les obus tombaient un à un sur les gourbis qui s’affaissaient et tomber en ruine et s’enflammèrent. Nous étions trois à prendre la fuite mais malheureusement nos trois autres frères cachés dans un abri ont péri à l’intérieur.

Les soldats leurs ordonnèrent de sortir et devant leur refus, ils ont fait sauté l’abri à la grenade d’où s’était dégagée une immense fumée de poussière « , raconta les larmes aux yeux, ce moudjahid, l’une des mémoires vivantes de la Révolution. Continuant dans la foulée son récit, il dira : « Nous célébrons aujourd’hui la fête du 05/07/1962 symbolisant la date de l’Indépendance chèrement acquise et je n’ai pas vu beaucoup de monde au cimetière des chouhada. Où sont-ils donc les scouts ? Pourquoi aucune conférence n’a suivi le recueillement et le dépôt de la gerbe de fleurs ? Autant de lacunes dans une région qui a tout donné pourtant pour l’Indépendance de l’Algérie. Ces fêtes sont célébrées avec une légèreté déconcertante « .

A Amdoune Seddouk où vit une communauté d’environ 5000 habitants, composée de quatre villages. Seddouk Ouadda et Tibouamouchine, chacun veut réaliser sa propre stèle, ce que les deux autres villages Ighil N’djiber et Seddouk Oufella n’admettent pas, en suggérant qu’il y a lieu de fait un seul cimetière de chouhada qui regroupera tous les chahids des quatre villages.  » Nous aurons un seul cimetière pour les quatre villages et si dans le futur Amdoune N’seddouk devient une commune, nous déposerons une seule gerbe de fleurs. Ne dit-on pas que l’union et la solidarité font la force », expliqua un fils de chahid.

L. Beddar

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