Identification et administration des Algériens, des origines à nos jours

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De prime abord pour lever toute confusion, il ne s’agit point d’un ouvrage de philologie auquel peut faire allusion quelque peu le titre de ce livre. Cette œuvre traite de l’idée de fixation des noms propres à chaque famille qui est en elle-même, une initiative louable, obéissant à la convention moderne des droits de l’homme. Mais ce que l’auteur trouve déplorable dans cette opération, c’est la manière de procéder et les intentions inavouées de l’administration coloniale, dans l’élaboration de l’état civil indigène. Au-delà de cette manière d’avoir procédé à l’établissement de cet état civil indigène, l’écrivain dénonce, une fois de plus, le dessein machiavélique de l’intelligentsia coloniale française quant à la destruction de la cellule familiale de base qui répond à leur stratégie politique de l’époque “diviser pour mieux régner”, une des premières entreprises du colonialisme français pour avoir la mainmise totale et définitive sur les populations indigènes notamment rurales.L’urgence et la nécessité de cette entreprise ont été fortement motivées par la révolte de 1871 où la plupart des insurgés (que les Français appelés, gueux) étaient des non-identifiés par l’administration de l’époque. C’est dire l’importance de cette opération d’identification pour mieux administrer, contrôler et prévoir. Cet ouvrage qui s’articule sur deux grandes parties (état-civil, administration), retrace l’histoire de l’évolution de l’identification des individus et des groupes. Comme il éclaire sur la source des provenances des noms patronymiques (sources berbères souches arabes et des emprunts).Un ouvrage qui apporte des reprises aux questions que chacun de nous se pose sur son nom et sur le thème et des données qui puissent peut-être servir pour d’autres recherches.L’auteur de cet ouvrage a par ailleurs, une bonne facture d’œuvres inédites : “Petit lexique des sciences de la nature, (prix Mouloud-Mammeri 2000). “La débrouille traditionnelle dans la famille kabyle”, “Arbres, arbustes, arbrisseaux d’Algérie”, “Larbaâ Nath Irathen, hommes et terre (Histoire de la confédération des Ath Yirathen). Icheriden-Crête des deux grandes batailles kabyles (1857-1871). Toponymie algérienne de source berbère. Kerdja Omar dont la simplicité est l’une de ses vertus, ne trouve rien à dire sur sa personne son parcours et préfère laisser le soin à ses œuvres de parler pour lui.

Hamid Meradji

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