Abdelwahid Bouabdallah révèle : « Air Algérie a perdu beaucoup d’argent »

« Il est compliqué de gérer une entreprise publique en ce moment. J’ai le regret de le dire, mais il y a la suspicion partout », a révélé le président directeur général d’Air Algérie Abdelwahid Bouabdallah. Le premier responsable de la compagnie publique a reconnu l’existence de retards sur les vols, mais aussi un manque de communication et d’information. « Il ne faut pas croire qu’Air Algérie est une grande compagnie ; on ne fait même pas le quart d’Egypt Air. On est plus petit que Tunis Air et la Royale Air Maroc », a-t-il regretté.

Il a également avoué que cette année, la compagnie a « dépassé les records en matière de retard et cela n’est pas dû à la volonté d’Air Algérie ». Celui-ci a attribué ces retards à plusieurs facteurs. Il s’agit notamment, selon lui, « de la capacité additionnelle temporaire attendue pour la mi-juin pour tout ce qui est affrètement, nous ne l’avons pas eu et ce, pour des raisons administratives qui échappent au contrôle d’Air Algérie ».

Outre cela, le P-DG d’Air Algérie dira qu’ »il y a ces écrivains spécialistes en lettre sanonymes qui font tout pour détruire Air Algérie. Je maintiens que nous sommes tous solidaires au niveau de la compagnie pour dépasser cette période ».

Intervenant hier matin, sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale, le P-DG d’Air Algérie n’a pas omis d’accuser des personnes qui auraient, selon lui, écrit aux autorités pour remettre en cause la procédure d’affrètement d’avion par la compagnie. « La procédure d’affrètement est très compliquée. Il faut une autorisation préalable de la direction de l’aviation civile. Celle-ci est venue tardivement. Ensuite, les candidats affréteurs ne sont pas légion », a expliqué l’invité de la radio nationale qui déplore le fait qu’ »avec les nouvelles dispositions de la LFC, nous ne pouvons pas faire de dépôt de garantie ni payer d’avance. Il faut un dossier technique pour avoir l’avion souhaité. Mais dès qu’il y a suspicion, tout est tombé ». Pour lui, la compagnie qui n’a pas de flux régulier toute l’année, ne peut se permettre d’acheter un appareil qu’elle laissera sur le tarmac pendant les périodes creuses. Pour illustrer ses propos, M. Abdelwahid Bouabdallah estime qu’ « un avion coûte très cher. Il est préférable donc d’affréter ». Pour appuyer ses dires, l’invité de la radio nationale a cité l’exemple d’Air France, qui, a-t-il dit, « possède un tiers de ses avions, les autres appareils sont en affrètement ou en leasing. Et chez nous, des gens qui veulent du mal à Air Algérie veulent remettre en cause l’affrètement alors que la compagnie nationale le fait depuis sa création ». Dans le même sillage, M. Abdelwahid Bouabdallah a d’emblée, qualifié la procédure du Crédit documentaire (Crédoc) introduite par la loi de finances complémentaire 2009 d’une « véritable catastrophe ». « Dès qu’il y a une panne, il n’y pas d’avion de remplacement faute de pièce de rechange. Une pièce qu’on ne peut pas avoir à temps en raison de ces procédures « , a-t-il expliqué.

Sur un autre plan, M. Bouabdallah, a fait savoir qu’Air Algérie a perdu beaucoup d’argent en raison de tous ces problèmes et, est en déficit car le volume des prises en charge dépasse le montant de vente des billets.

Questionné à ce sujet, il s’est contenté de dire : « C’est énorme ». « De toutes les façons, je ne peux pas vous donner le chiffre exact. Le volume des pertes sur le réseau France, certaines semaines nous avons perdu beaucoup plus que nous avons gagné », a-t-il avoué. Dans ce sens, il a annoncé qu’un plan à long terme a été mis en place. Les avis d’appels d’offres de ce plan qui s’étalera sur trois ans, sont lancés. « Ça coûtera 300 millions de dollars les deux premières années », a-t-il conclu.

L. O.