Akfadou : L’eau se fait rare

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Dans une région située dans les hauteurs de la montagne, en l’occurrence Akfadou, dans la wilaya de Béjaïa,l’eau est un liquide qui se fait rare, même durant les années de pluie et de neige.

Autrefois, évoquer Akfadou, c’est parler de ce que la nature a fait de plus beau sur ces hautes collines.

Les habitants de la Vallée de la Soummam faisaient des déplacements fréquents, rien que pour savourer ces espaces et boire son eau de source qui coulait à flots, durant toute l’année. Maintenant, ce n’est guère le cas, l’eau n’est plus comme au bon vieux temps.

Celui qui visite la bourgade des Ath Mansour, se demandera si l’adresse est bien la bonne. En effet, l’eau se fait parfois rare, comme si la concentration urbaine a eu raison de ce liquide précieux. Au cours de l’année, le problème ne se pose pas.

Mais dès l’avènement de la saison estivale, place aux désagréments quotidiens. Les villageois se livrent des disputes qui mènent à des situations très difficiles. Heureusement que  » Tajmaât « , le comité du village, avec les efforts de tous les sages, arrive à calmer les esprits. Pour faire face à ces incommensurables désagréments, certains villages avaient procédé à plusieurs tentatives pour le dénouement de la « crise ».

Cependant, le bout du tunnel est encore loin. L’année passée, la conduite de l’eau potable de toute la commune a été rénovée.

Une initiative louable. Toutefois, chez nous, les travaux sont toujours inachevés.

Par exemple, au lieudit « Aâmrane », une fuite d’eau se déverse en pleine nature depuis belle lurette, mais jusqu’au jour d’aujourd’hui, elle n’a pas été réparée.

Durant l’hiver, la neige et le verglas occasionnent des avaries aux compteurs et aux conduites. Les dégâts causés sont importants. Et comme « le provisoire dure long temps », certains citoyens tardent à réparer ce qui est réparable et laissent l’eau couler dans les rues, ce qui ne semble gêner personne, désormais ce phénomène fait partie du décor.  » Dans notre commune, il y a de l’eau à gogo. Mais mal répartie et mal gérée. D’une part, il y a les hauts villages qui disposent du liquide 24 h sur 24. Mais dans les villages du centre, l’eau n’arrive dans leurs robinets qu’une heure à deux heures par jour. C’est injuste. Au moment où des gens se permettent de prendre plusieurs douches par jour, d’autres ne consomment l’eau qu’au compte -gouttes « , estime un jeune villageois. « Je vous assure que des fois, mêmes nos bêtes, c’est-à-dire nos vaches, sont rationnées. Si on n’avait pas de puits, la situation serait plus complexe », ajoute la même personne. En plus des eaux de sources canalisées dans des châteaux d’eau, la commune d’Akfadou dispose de fontaines.

Cependant, peu d’entre-elles coulent encore.

Le laisser-aller a pu atteindre l’espace vital des citoyens, même si peu de personnes s’intéressent à cet aspect des choses. En dehors des villages, à l’intérieur de la forêt et tout le long des coins limitrophes, les sources naturelles sont souvent abandonnées et livrées à elles-mêmes.

Dans certains endroits, celui qui passe par le bois doit mettre deux à trois heures pour pouvoir assouvir sa soif.

Comme si la belle forêt d’Akfadou a cèdé sa place à un désert dévastateur. La nature a donné sans compter, mais l’homme n’a pas pu être à la hauteur de cette richesse inestimable.

Peut-être qu’il est encore temps de faire quelque chose, chacun à son niveau, pour faire bouger les choses et sauvegarder notre environnement. Sinon l’autodestruction s’imposera comme fatalité.

Ali Remzi

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