Les plages, entre bien-être et fatalité

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Un bilan établi par la Protection civile, fait état de 87 décès par noyade en Algérie, depuis le début de la saison estivale. Selon ce bilan rendu public mercredi, 45 personnes sont mortes par noyade dans les plages, 12 dans les mares d’eau et retenues collinaires, 9 dans les oueds, 4 dans les lacs, 9 dans les barrages et 8 dans les petits bassins.

Parmi les personnes décédées, 58 se sont noyées dans des plages interdites et 10 autres dans des plages autorisées à la baignade, dont 5 personnes se sont noyées en dehors des horaires de surveillance, a-t-il expliqué. Le bilan de la Protection civile fait ressortir 18 099 interventions au niveau des plages, a ajouté le lieutenant Bernaoui, relevant par ailleurs que le nombre total des estivants a déjà dépassé les 25 600 000. Au sujet des noyades, le lieutenant Bernaoui a mis l’accent sur l’importance des actions de sensibilisation et de prévention qui sont organisées au niveau local par les services de la Protection civile. L’affichage et la distribution de prospectus sur les mesures et les consignes à suivre, durant la saison estivale, la mise en place de banderoles de sensibilisation à l’entrée des plages autorisées à la baignade, qui sont au nombre de 352 plages, et l’organisation des journées de sensibilisation sur le sujet, figurent notamment parmi le plan d’actions de sensibilisation, a-t-il encore indiqué.

On se noie aussi dans les barrages et les puits…

Comme rapporté dans notre édition d’hier, un enfant de 12 ans, répondant aux initiales B. F., est mort noyé au barrage de Tilesdit, dans la commune de Bechloul, apprend-on de source sûre. La victime qui habitait à quelques encablures du barrage s’est rendu, en compagnie de ses amis et voisins pour se baigner. Aux environs de 15 h, lorsque les enfants décident de quitter les lieux, ils ont remarqué l’absence d’un des leurs. Après quelques recherches superficielles, leur camarade n’a toujours pas donné signe de vie. Ils ont alors avisé les responsables du barrage qui, à leur tour, alertent la Protection civile de Bechloul. Arrivés sur les lieux, les pompiers ont déployé tous les efforts jusqu’aux environs de 22 h, sans pouvoir repêcher le corps, le lendemain soit mardi dernier, une équipe de secouristes de Boumerdès est arrivée sur les lieux. La conjugaison d’efforts a finalement abouti et le corps sans vie de l’enfant a été repêché. Il importe de rappeler que ce lieu n’est pas autorisé à la baignade et les responsables du barrage ont mis en place des plaques pour sensibiliser sur les dangers de la baignade.

La noyade, ça n’arrive pas qu’aux autres

Alors que l’été est traditionnellement la saison de la détente, de l’insouciance et de la baignade,les services de la Protection civile viennent rappeler à juste titre que cette dernière activité pour anodine qu’elle soit n’en constitue pas moins une activité dangereuse. Se noyer, c’est en effet donné à tout le monde même à un nageur chevronné.

De plus, le danger n’est pas forcément là où on l’attend, une population supposément non à risque figure largement en tête au triste palmarès des victimes : les adultes de + de 45 ans qui représentent 41% du total et qui, quasiment dans la même proportion, en décèdent

Les lieux propices à la noyade ne sont d’ailleurs pas ceux que l’on croit représenter un danger éventuel.

Et les organismes qui veillent à notre santé de rappeler quelques règles de bon sens : « Assurer une surveillance rapprochée des jeunes enfants par un adulte, apprendre à nager le plus tôt possible, nager dans des zones de baignade surveillée, ne pas surestimer ses capacités physiques, se renseigner sur l’état de la mer et les conditions météorologiques ».

Et bien entendu, s’agissant des bassins, veiller à respecter les réglementations tenant à leur clôture.

Ferhat Zafane

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