Le P/APW réagit à propos de l’affaire d’attribution échouée de vaches aux fellahs de Béjaïa

Rebondissement dans l’affaire des vaches que les services des forêts de la wilaya de Béjaïa devaient attribuer aux porteurs de projets PPDRI concernant l’élevage bovin. Depuis l’avortement de l’opération de livraison, qui devait avoir lieu dans une ferme d’Amizour en date du 27 juin dernier, et durant laquelle les fellahs concernés ont réagi avec force pour ne pas accepter le cheptel proposé car, “ne répondant aux caractéristiques des génisses pleines’’.

L’affaire n’a pas cessé de prendre une évolution jusqu’à faire réagir M. Hamid Ferhat, P/APW de Béjaïa, qui vient d’interpeller le ministre de l’Agriculture.

Dans une correspondance datée du 26 de ce mois de juillet, le P/APW de Béjaïa, a, en prime, exprimé son souci de voir les fellahs se démener dans une bataille bureaucratique “dans l’espoir d’encenser les responsables publics et de les ramener à plus de rationalité’’, avant d’exhorter la tutelle à faire dans la concertation entre les partenaires, l’efficacité et l’efficience dans les différentes allocations financières, pour mener selon le président une bonne bataille de développement.

Le P/APW va jusqu’à s’interroger même sur le fait que cette opération d’aide à l’élevage soit attribuée aux forestiers à la place des services de l’agriculture, qui a amené par conséquent à soulever la colère des animateurs PPDRI et les prétendants éleveurs suite à l’échec de concrétiser le projet dans la clôture est prévue pour la fin de ce mois.

“Ignorer les normes de base pour le développement des vaches laitières et de reproduction pour aider les derniers survivants de ce métier, en leur imposant des vaches semi-sauvages, qui vivent en forêt par la direction des forêts que l’on a curieusement d’ailleurs, substituée à celle de l’agriculture, cacherait une dangereuse collusion’’, dira l’auteur de la correspondance envoyée au ministre à qui, il prévient en outre, que persister dans cette voie “ serait un gâchis économique, une dilapidation financière et un vari coup de grâce pour le moral de ces professionnels”. Le P/APW termine sa motion par demander l’annulation de l’appel d’offres engagé à cet effet, une proposition qui a été soulevée à maintes reprises par les animateurs du programme PPDRI en question. Ces derniers qui n’ont pas cessé de multiplier les rencontres avec les responsables ont à leur tour saisi le ministre de l’Agriculture en date du 11 du mois courant. Ces fellahs ont tenté d’abord, selon leur requête, de trouver un terrain d’entente avec les services forestiers en se rencontrant à deux reprises, dont l’une avec le fournisseur du cheptel le 7 du même mois. En Plus de leur avis d’annuler cet appel d’offres infructueux, les animateurs n’ont pas omis de soulever la sous-estimation des modules proposés par ce fournisseur, qui est selon eux de 12 000 à 13000 da, alors que l’Etat a accordé une aide de 290 500 DA.

Il est à rappeler que ce mêmes fellahs ont crié à la spoliation du cheptel, ce qui n’a pas laissé indifférent la conservation des forêts en rejetant toutes les accusations en disant qu’il n’était question d’attribuer des vaches de race locale, comme stipulé dans le cahier des prescriptions techniques (CPT) tout en ignorant l’existence à son niveau, des factures proforma portant la même notification (voir nos éditions précédentes).

Selon ce même CPT que les animateurs ont mis à notre disposition, il est bien écrit “approvisionnement en vaches laitières du programme dans le cadre de la décision n° 2110 du 25/12/2008, une notification aussi confirmée par des factures proforma dont nous détenons quelques-unes. Les forestiers restent injoignables hier mardi, pour apporter leur version.

L’on apprend cependant de source digne qu’une enquête sur ce cas serait déclenchée pour mieux situer les responsabilités et vérifier les dessous de cette affaire.

En outre, en ce qui concerne le programme ovin de ce programme PPDRI de Béjaïa, ce n’est pas le beau temps aussi puisque certains fellahs bénéficiaires de ce cheptel se sont rendus compte que les animaux attribués ne feront pas l’affaire pour le bon élevage ovin. Selon des rapports vétérinaires, il est écrit qu’il s’agit de brebis âgées, non gestantes, de petites tailles et de petits poids, contrairement à ce qui est stipulé dans le cahier des charges.

En somme, si l’opération d’attribution de bovins n’a pas abouti, l’on se demande s’il n’y a pas anguille sous roche, si l’on se refaire bien sûr à toutes les péripéties de cette histoire qui a fait de ces vaches laitières des vaches folles.

Nadir Touati