Poésie Saïd Tighilt : Asefru, à la vie, à la mort !

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A chaque être son destin, à tout homme son itinéraire et à tout artiste une muse. Il est des jours qui sont des moments clé où surviennent des déclics qui ouvrent des sésames souvent inespérés, et débouchent sur des horizons chatoyants qui bercent les âmes avec douceur et font chanter les cœurs par une voix arrachée aux limbes truculents d’une vie pas toujours souriante. Saïd Tighilt est un cas, son âme est revenue de loin, du seuil du purgatoire. La quarantaine passée avec sérénité il croyait avoir tout vu et être désormais à l’abri d’une ombre de surprises. Que nenni ! ce natif d’Ighzer Amokrane en 1967, qui partage sa vie entre Stains (Seine-Saint-Denis) et son village natal (Tighilt) est devenu poète par Accident, avec un grand A. Il est le miraculé qui a opté malgré lui pour les oripeaux d’un poète racé ! En 2005, il a chuté d’une hauteur de quatorze mètres d’un chantier en France. Dans la seconde suivante, il est vite plongé dans un coma profond qui a duré vingt neuf jours assez pénibles pour sa famille et son entourage. De retour en vie, parmi les siens, sa convalescence se passe le plus normalement et le plus agréablement du monde, agrémentée de quelques sursauts verbaux forts mélodieux accompagnés d’une rime ciselée, le ton sage et pondéré… Saïd amedyaz vient de signer son acte de naissance ! Plus que jamais amoureux de la vie, il ne cesse depuis cette funeste chute, de cultiver les ingrédients du savoir-vivre par l’entremise d’une arme qui le passionne avec ivresse et angélisme, le verbe ; awal. «L’inspiration ne se commande pas, elle vient toute seule, à des heures indistinctes de la journée. Les mots s’enchaînent avec harmonie et sens, mes idées s’éclaircissent et mon âme s’adoucit ; je me trouve aux anges à chaque fois qu’un poème traverse mon esprit comme un flash apaisant», dit-il, gai. Si bien qu’il ne choisit pas volontairement un thème, il ne rejette par ailleurs aucun thème. «Dans la vie, tout à un sens, tout à une valeur ! », analyse-t-il avec lucidité. De la Vie, il n’en voit aucun mystère. C’est la Vie tout court ; avec ses hauts et ses bas, ses lumières et ses ténèbres… dans ses poèmes, l’espoir est l’arme des lendemains qui chantent, la tolérance est le ciment du progrès, le respect est le socle de la vie en communauté ; valeurs gracieuses qu’il sème avec ardeur et piété inlassable, tel arbre fruitier aux offrandes multiples, aussi succulentes que vertueuses, et cependant il reste sévère et intransigeant face aux dérives et aux abus. Son premier recueil de poèmes (un récital) sortira en CD le 1er août 2010 aux éditons Amazigh de Bouira. Les titres de ce premier album sont : Qessam, lexdeâ, ul, tamurt, ddunit, etc. Dans la foulée, il projette de produire un deuxième recueil de poésie en mars prochain et éditer un livre.

Tarik Djerroud

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