Flairant le filou, des escouades de jeunes en quête de travail ont vite fait de verser dans ce négoce d’un nouveau genre.
“Au départ, je n’avais nullement l’intention d’en faire un métier.
Mon idée était plutôt de me tirer d’une mauvaise passe et d’échapper au spleen en attendant de dégoter un job dans la Fonction publique. Mais avec le temps, j’ai dû renoncer à cette ambition et poursuivre dans le commerce.
Aujourd’hui, j’ai complètement renoncé à l’éventualité de troquer mon activité contre un quelconque travail salarial, fut-il des plus rémunérateurs», raconte Mahmoud, un fripier installé au Centre-ville de Tazmalt.
Les boutiques proposant des fringues usagées venues d’ailleurs se multiplient, poussant vers la porte de sortie les magasins de l’habit neuf, devenu hors de portée des bourses modestes.
“Depuis que la fripe a fait son apparition, je m’y approvisionne exclusivement pour habiller toute la famille. Je réalise ainsi des économies substantielles», soutient Yacine, un jeune père de famille.
Des chemises à 200 DA, des bustiers repassés à 300 DA, des blousons délavés à 800 DA…Ce sont les tarifs affichés chez Idir, un autre fripier de la ville dont la dévanture est si bien soignée que seul un œil avisé peut la distinguer d’un magasin chic. “Nous recevons des clients de toutes les classes sociales, y compris les plus aisées. Nous pratiquons de petits prix et tout le monde a naturellement envie de sauter sur l’occasion en réalisant de belles affaires», affirme le commerçant qui nous dit avoir intégré le circuit depuis cinq ans.
“C’est une activité qui nourrit son homme. Elle est sous tendue par une demande sans cesse soutenue», ajoute notre interlocuteur qui avoue empocher de juteux bénéfices.
Au niveau du marché hebdomadaire, un large périmètre est dédié au commerce de fringues fripées.
Des ballots de vêtements aux couleurs chamarrés accrochent une foule d’acheteurs et de badauts. On déambule entre les étals, on soulève et on examine les articles sous toutes les coutures à la recherche d’une opportunité.
Les prix varient de 100 DA pour un teeshirt à 200 DA pour une chemise. “Il faut savoir s’armer de patience pour dénicher une belle occasion», rassure un quadragénaire à son compagnon fouinant dans un tas de “chiffons”.
N. Maouche
