M’chedallah : Les premières figues…

C’est un événement fort commenté et qui fait rapidement le tour des chaumières depuis la nuit des temps, en ne perdant pas de son importance.

La découverte de la première figue (Thassentith en kabyle). La variété de figuier dont le fruit arrive à maturité en premier est dénommé localement “Alecakh», vint ensuite : Thaghelit, thaghanimt, ajendjar, avouhvoul thazegouakhth, et enfin idjaâfar telles sont les variétés de figues de la région de M’chedallah.

Cette année, la bonne nouvelle annonçant la découverte de la première figue nous est parvenue du village Selloum dans la commune d’Aghbalou, une région réputée pour la bonne qualité de ses figues, et qui de plus, constitue sa première richesse car le figuier dans cette localité est cultivé en grandes quantités et entouré de soins méticuleux.

C’est donc cette localité qui a eu l’honneur de voir sa récolte de figues arriver à maturité avant les autres villages et cela, dès la fin de la saison des figues précoces qui dure à peine un mois. La figue fraîche est entourée de tout un mythe en Kabylie et affublée de plusieurs vertus en plus d’être hautement nutritive.

Cependant avec des bouleversements climatiques doublés d’une palpable pollution, la consommation de ce fruit exotique très prisé mais extrêmement sensible demande que quelques précautions simples mais indispensables soient prisent avant sa consommation.

En effet, arrivée à maturité la figue fraîche secrète un liquide sucré et visqueux qui enveloppe entièrement le fruit, cette matière collante accroche toutes les impuretés qui flottent dans l’air en plus de minuscules insectes presque invisibles à l’œil nu qui s’y collent et meurent en tentant de sucer la jus sucré.

La tentation irrésistible d’aller de bonne heure dans les champs pour se régaler de figues fraîches, cueillies directement de l’arbre et consommées sur place, est une coutume chère aux Kabyles et à laquelle, nul ne résiste ; de plus la figue conservant la fraîcheur de la nuit au petit matin ne comporte pas de risque de diarrhée, une infection qui se manifeste automatiquement après dégustation de figues chaudes d’où cette habitude chez les Kabyles d’aller se régaler tôt le matin au niveau des figuiers. Cependant avec toute la pollution qui tourne dans l’air, cette seule précaution est insuffisante, la meilleur façon de déguster sans risques ce fruit, est de le passer soigneusement sous un filet d’eau ou à défaut l’éplucher et le débarrasser de sa peau ; une opération simple et facile, la peau se détache facilement à l’aide des deux doigts, ne nécessitant l’utilisation d’aucun instrument, mais malheureusement tout comme la pomme, débarrassée de sa peau, elle perd une bonne partie de sa saveur.

Le seul inconvénient que présente la peau de ce fruit en plus des impuretés qui s’y accrochent quand il est dégusté avant qu’il ne soit totalement mûr, il garde encore des traces de sève qui s’attaque aux muqueuses et cause des désagréments accompagnés de douleur à la bouche.

Un autre fruit de saison et qui va de pair avec les figues fraîches est la figue de barbarie qui est aussi très prisée, simplement à l’inverse de la figue fraîche, cette dernière ne se laisse pas… prendre facilement, d’abord la plante qui la porte comporte des épines semblables à celles des cactus, ensuite, le fruit lui-même est recouvert d’un duvet qui est en réalité des épines fines et légères qui pénètrent facilement dans la peau au moindre contact et présentent même un danger pour les yeux ; enfin quand on mange une grande quantité cela débouche automatiquement par une sévère constipation qui nécessite bien souvent une prise en charge médicale à base de purge ou de lavement. En conclusion, signalons que ces deux fruits exotiques de large consommation en Kabylie provoquent tous les deux, bien souvent des effets secondaires, l’un provoque la diarrhée, l’autre la constipation, l’on peut cependant se soulager de cette dernière, en avalant quelques cuillerées à soupe, d’huile d’olive, une thérapie efficace et soulageante.

Ouaïd Soualah