Le travail des enfants, sous plusieurs formes, est toujours d’actualité à Aïn El Hammam. Des gamins de tous âges, sont « utilisés » comme vendeurs, le plus souvent, dans les magasins ou derrière les étals des marchands ambulants. Comme les adultes, ils sont sur place, dès les premières heures de la matinée, avant l’arrivée des clients.
Les patrons ne leur font pas de cadeaux, sous prétexte que pour leur bien, ils doivent être endurants. « C’est comme ça que les hommes grandissent » ou encore « on est tous passés par là » disent-ils pour expliquer les difficultés auxquelles ils les soumettent. Allongé dans sa camionnette bâchée, un marchand ambulant surveille du coin de l’œil, un jeune garçon qui doit être, probablement, son fils, en train de servir les clients. Le petit commerçant, à l’ombre du véhicule, se fait un plaisir à manipuler la balance électronique avant d’annoncer fièrement le prix affiché. Ces enfants qui « donnent un coup de main », comme aiment à le répéter leurs parents, passent leurs vacances à travailler, se levant aux aurores et se couchant tard. Encouragés à imiter les adultes, ils se prennent au jeu et changent même de langage. Ils ont vite fait d’apprendre les « ficelles », pas toujours morales, du métier. Auront-ils, à la rentrée, une quelconque motivation pour les études, eux qui viennent de découvrir comment on gagne de l’argent qu’ils brassent à longueur de journée ? Ces deniers jours, ce sont les vendeurs de figues fraîches ou de barbarie qui attirent l’attention au centre de la place de Michelet. Parmi eux, on distingue des collégiens qui se préparent à faire face aux dépenses de la rentrée. Ils sont nombreux les jeunes d’Aït Yahia et de Souamaa à gagner leur argent de poche, en vendant les fruits de saison.
A. O. T.
