Un handicapé lésé dans ses droits

Handicapé moteur suite à un grave accident de la route survenu un 7 mars 93, Zouaoui Amar, âgé de 50 ans et père de 6 enfants n’avait pas et ne bénéficie pas d’une pension d’assurance. Ni la SAA ni son employeur ne lui ont octroyé ses droits. Néanmoins il bénéficie d’une pension de 3 000 DA par mois des services de l’APC, qu’il perçoit une fois tous les 10 mois. Le malheureux s’interroge : « Avec 3000 DA, pourrais-je subvenir aux besoins de ma famille et pendant 10 autres mois ». Il nous apprend que certaines personnes généreuses l’aident de temps à autre. Il nous montre son fauteuil roulant et nous dit avec un profond soupir « C’est un ami qui me l’a offert », puis il enchaîne en regardant le plafond de sa modeste chambre : « Je ne me déplace à aucun service étatique ((APC, daïra ou wilaya) de crainte qu’on me regarde de travers ce qui me touche profondément et me fait mal au cœur. « Il ne se déplace que pour aller chez son médecin traitant. Là, il trouve son réconfort. En effet, sa situation sociale laisse à désirer. Durant tout notre entretien, il ne cessait de soupirer, il ne pouvait pas raconter tous ses malheurs. Handicapé mais fort de caractère il ne montre pas son angoisse et son anxiété à ses enfants. Les jeunes de Kallous l’appellent Da Amar. Il leur rend hommage car ils lui font oublier ses malheurs. A ce propos, il nous déclare : « ces jeunes sont merveilleux, ils me divertissent, sincèrement, avec eux j’oublie mes préoccupations et mes ennuis ». Son dernier mot et son seul souhait est qu’on lui donne ses droits d’handicapé afin de subvenir aux besoins de sa famille et nous le remercions pour sa générosité malgré ses difficultés.

A. Bouzaïdi