Vallée de la Soummam : Ramadan, le va-et-vient des émigrés

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Après la première semaine de Ramadhan, la surprise est de taille ! En effet, des caisses aux plaques minéralogiques des différents départements de France et d’ailleurs sont toujours visibles sur nos routes et en grand nombre…

Contrairement aux années précédentes, où le mois d’août était synonyme de détente, d’évasion, d’interminables journées sur les fins sables des côtes, cette année avec l’arrivée du mois sacré de Ramadhan, beaucoup de nationaux prédisaient, un départ massif pour ne pas dire un sauve- qui-peut général de nos compatriotes expatriés dans les quatre coins du globe, dans l’Hexagone notamment. Si les départs sont légion, les arrivées le sont aussi. En effet, si beaucoup parmi cette communauté ont avancé leurs périodes de congé au mois de juin et juillet pour pouvoir tout de même en profiter des bienfaits du soleil de  » Tamurth  » et rentre en temps opportun, c’est-à-dire juste quelques jours avant le début du Ramadhan, pour d’autres au contraire cette période n’est que le début des vacances sur la terre des aïeux. A l’entrée de l’aéroport  » Soummam Abane Ramdan  » de Bgayet, quelques unes de ces familles s’apprêtaient à rejoindre la région rhénane. « C’est vrai que contrairement aux années précédentes où nous avions l’habitude de passer le mois d’Août ici au bled, cette année on a dû avancer cette échéance pour pouvoir partir avant le mois de Ramadhan. Cela dit, toute ma famille observe le jeûne mais seulement avec les chaleurs ce mois ci, ce n’est pas du tout évident de le passer ici, surtout pour les enfants », nous dit Na Tassadit, la patriarche d’une famille affairée à décharger du taxi les valises. Lounis, un quadragénaire accompagné de sa femme et ses deux enfants explique qu’il s’est arrangé pour ne pas passer le Ramadhan au bled. « Sachant que le mois de Ramadhan allait pointer son nez au début du mois d’Août j’ai décidé avec l’approbation de ma famille de programmer notre séjour au bled pour le mois de juillet et de partir juste quelques jours avant son début. C’est vrai que j’aimerai bien le passer ici avec les autres membres de ma grande famille, mes parents notamment, mais hélas ! Ce n’est malheureusement pas possible étant donné les grandes chaleurs qui caractérisent cette période de l’année, pendant laquelle les enfants ont l’habitude de passe leurs journées à la plage et aux abords de la forêt à Yakouren notamment, alors que cette année cela s’avère impossible, vu que ma femme et moi nous observons le jeûne. Ajouter à cela, la cherté des produits alimentaires pendant ce mois ». Avec un large sourire, il ajoute pour conclure : « Heureusement que le marché de  » la place du pont « , à Lyon, est là pour satisfaire et apaiser un peu notre nostalgie du pays et du passé mielleux ». Curieusement, un autre voyageur évoque aussi ce petit marché qui se tient durant ce mois sacré dans ce quartier du 3eme arrondissement lyonnais, où tous les produits traditionnels et du terroir maghrébin en général et algérien en particulier s’achètent, à commencer par la galette, le lait caillé le petit lait, le Zlabia, kalb louz, des plantes aromatiques, des figues sèches, des dattes, des boissons gazeuses “Hammoud” et “Ifri” notamment et pleins d’autres produits. Mais en même temps que ceux qui repartent, il y a aussi ceux qui arrivent. Samir et Karim, sont deux jeunes de la dernière vague d’immigrants— puisque ayant juste quitté le pays au début des années deux mille— sont : « ça fait huit longues années que je n’ai pas passé le Ramadhan ici, et cela me manque vraiment. Toute cette ambiance à laquelle j’ai goûté avec mes amis, les soirées familiales et puis à la fin la fête de l’Aïd, alors l’occasion je ne raterais cela pour rien au monde « , dit le premier. « J’en connais beaucoup d’Algériens résidant à Lyon et à Paris qui ont programmé de passer le mois de Ramadhan ici au bled où l’ambiance est meilleure ». Entre le départ des uns et l’arrivée des autres, le paquebot, battant pavillon « Ramadhan », poursuit sa navigation…

Arezki Toufouti

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