Dans un passé récent, les démunis, les voyageurs et les sans abris pouvaient bien rompre le jeûne à Souk El Tenine, car les bénévoles, les bienfaiteurs et les autorités locales conjuguaient leurs efforts pour l’ouverture d’un Resto Rahma pendant tous le mois sacré. Ces deux dernières années, on se contente de distribuer les quelques dizaines de couffins alloués par la direction de l’action sociale et du complément acheté par l’APC.
Cela veut-il dire que la misère sociale a quitté les lieux ? Pour bon nombre d’observateurs locaux la réponse est sans appel, non. Au contraire, la pauvreté s’est dangereusement accentuée et bon nombre de ménages ne se nourrissent que du strict minimum : du pain maison et du couscous à l’eau ! A Maâtkas, le constat est identique, mais cela n’a pas alerté semble-t-il, les services concernés pour ouvrir, un Resto Rahma.
Du coup, les pauvres se démènent comme ils peuvent. Certes les âmes charitables et les donnateurs demeurent aussi nombreux et chacun va de son côté en toute discrétion. Un cadre organisé pour collecter ces dons et unir les énergies qui seront à coup sûr en mesure d’offrir un repas décent aux voyageurs, aux malades, aux mendiants et à tous ceux qui sont dans le besoin et qui ne se montrent pas ; serait indéniablement un geste de solidarité et de Rahma pendant ce mois sacré de Ramadhan.
Hocine Taib
