Lakhdar Bentobal : Le dernier des 3B

Lakhdar Bentobal dit Si Abdallah, un des dirigeants de la Révolution algérienne, négociateur lors des accords d’Evian en mars 1962 et membre des 22 est décédé samedi soir, à l’hopital de Ain Naadja Alger à l’âge de 87 ans des suites d’une longue maladie.

Il a consacré sa vie pour le pays en passant par toutes les étapes qui l’ont mené en compagnie d’autres hauts responsables du FLN, aux négociations avec les autorités françaises pour l’indépendance de l’Algérie.

Le nom de Bentobbal, comme celui de Krim Belkacem et de Abdelhafid Boussouf, le trio de dirigeants appelé les 3B, restera lié à l’une des plus sombres images de la Révolution: la liquidation de Abane Ramdane.

Plus de 50 ans après les faits et 48 ans après l’indépendance, Bentobal a maintenu le silence sur ce drame. Né en 1923 à Mila, il a entamé son activité militante au sein du Mouvement national dès 1940.

Il adhère au Parti du peuple algérien (PPA) et devient responsable du parti dans la région de Mila. Membre de l’Organisation spéciale (OS) en 1947-1948 dans le nord Constantinois, il est recherché par les autorités coloniales et est condamné par contumace en 1951 dans le procès des membres de l’OS. Lakhdar Bentobal est devenu membre du Conseil national de la révolution (CNRA) issu du congrès de la Soummam en août 1956 puis du Comité de coordination et d’exécution (CCE).

En septembre 1956, il est responsable de la wilaya II, succédant à Zighoud-Youcef, tombé au champ d’honneur, puis accède au grade de colonel. En avril 1957, Bentobal rejoint Tunis en compagnie de Krim Belkacem et Benyoucef Benkhedda et en août de la même année il fait parti du deuxième Comité de coordination et d’exécution (CCE).

En avril 1958, il est chargé du département de l’intérieur et membre du 3eme CCE au Caire. Il est ensuite nommé ministre de l’Intérieur dans le 1er Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) le 19 septembre 1958 au Caire (Egypte) avant d’être reconduit le 18 janvier 1960 à Tripoli (Libye). Lakhdar Bentobal était membre de la délégation du GPRA aux négociations de « Rousses », près de la frontière Suisse du 11 au 19 février 1962 et à Evian en mars 1962. Pendant la seconde guerre mondiale, il rejoint le Parti du Peuple puis l’Organisation Spéciale (OS) et supervise l’organisation de cellules militaires dans le nord constantinois. Il se réfugie dans les Aurès après la découverte de l’Organisation Spéciale. Il rencontre les dirigeants du Mouvement pour le Triomphe des Libertés démocratiques comme Mostefa Ben Boulaïd, Amar Benaouda et Rabah Bitat et devient membre du comité des 22. Il dirige les premières opérations militaires dans les régions de Jijel et El Milia après le déclenchement de la guerre de libération en 1954. Il encadre en compagnie de Zighout Youcef, les attaques du 20 août 1956. Il assiste au Congrès de la Soummam au sein de la délégation de la zone militaire II. Il est nommé membre suppléant dans le Conseil national de la Révolution algérienne puis succède à Zighoud Youcef à la tête de la wilaya II.

Il est désigné membre du Comité de coordination et d’exécution en août 1957 à Tunis. Il est nommé ministre de l’Intérieur lors de la constitution du Gouvernement provisoire de la République algérienne durant les trois formations gouvernementales. Il participe aux négociations d’Evian avec les autorités françaises.

Après l’indépendance il devient Président-directeur général de la Société nationale de Sidérurgie (SNS) et Président du Conseil d’administration de l’Union arabe du fer et de l’acier (UAFA), organisme interarabe basé à Alger à partir du 15 janvier 1972.

F. Z.