Université de Béjaïa Alors que la demande d’hébergement explose / Aucune nouvelle résidence n’est prévue

Le fort taux de réussite à l’examen du baccalauréat pose d’ores et déjà la question de la capacité de l’université à faire face au très grand nombre de nouveaux inscrits.

Ils sont quelques 10 000 à être attendus à cette rentrée opportunément décalée à octobre tandis que les nouvelles infrastructures pédagogiques risquent de ne pas être à la hauteur de ce flux ou même de n’être pas au rendez-vous car les responsables en charge des ouvrages ne semblent pas avoir anticipé- le pouvaient-ils simplement ?- ce qui s’apparente à une véritable hypertrophie artificielle du taux de réussite au baccalauréat.

Il est théoriquement prévu la réception de 4250 nouvelles  » places pédagogiques « , une désignation des plus vagues qui ne peut servir de critère d’appréciation des capacités d’accueil de l’université.

Concrètement, il s’agira de neuf amphithéâtres et deux blocs d’enseignement de 1 000 places chacun. Les autres projets ne semblent pas avoir une incidence directe sur l’enseignement : un restaurant, des bureaux pour les enseignants et un bloc de gestion de la scolarité.

Un projet d’auditorium de 1 000 places ne sera finalisé qu’à la fin de l’année. Et on ne sait pas si cette date concerne aussi la sonorisation et les sièges.

Le recteur Djoudi Merabet n’avait pas caché lors de la dernière visite du wali sur le campus d’Aboudaou, son appréhension quant à la prochaine rentrée. Il avait laissé entendre alors que le moindre retard de livraison ne pouvait que compromettre davantage une rentrée déjà assombrie par l’importance du nombre des nouveaux inscrits.

Or les retards sont le lot de pratiquement tous les chantiers de la wilaya.

De l’élargissement de la route nationale N° 43 au port de plaisance de Saket en passant par la gare routière de Béjaïa, tous les ouvrages trainent le pas pour un entrelacs de raisons qui interpellent souvent une multitude de centres de décisions.

Il en est ainsi de la question du transfert des capitaux à l’étranger, de l’approvisionnement du marché en matériaux et du paiement des situations parvenues à terme.

Mais c’est sans doute au chapitre des œuvres universitaires que la marge de manœuvre parait des plus étroites. Selon des sources proches de la DOU, ce sont quelques 6500 nouvelles demandes d’hébergements qui ont été agréées tandis que la libération des chambres pour fin de cursus demeure infime.

Il ressort d’une récente rencontre avec la presse animée par le premier responsable de la Direction du logement et des équipements publics (DLEP) qu’aucune structure d’hébergement ne pointe à l’horizon et qu’il n’y ait même pas d’inscription au chapitre du programme quinquennal 2010-2014.

Les conditions paraissent ainsi réunies pour une réédition du scénario-catastrophe de la rentrée 2007, qui a vu les nouveaux étudiants occuper à maintes reprises la rue pour protester contre des conditions d’hébergement et de restauration des plus catastrophiques.

M. B.