Accrochages, affrontements et nerfs à fleur de peau

Depuis le début du Ramadhan, il ne se passe pas une journée sans que ne soit enregistré ça et là à travers les grandes agglomérations sans exception des altérations qui se terminent bien souvent par des bagarres avec une fréquence plus importante entre 16 et 18 h au moment où tout le monde sort pour faire les emplettes.

C’est en ce moment que les places publiques sont transformées pour la circonstance en marchés de fruits, légumes, sucreries par des commerçants occasionnels.

C’est en ce moment aussi qu’éclatent des bagarres spontanées au départ mais qui mettent longtemps pour s’éteindre entretenues par des prises de positions qui transforment la plus insignifiante dispute entre deux personnes en batailles rangées et des affrontements entre deux camps où viennent souvent se mêler des armes blanches tels que pierres, gourdins et même des couteaux ; les fronts se constituent rapidement en puisant dans l’esprit de famille de village ou claniques.

Ces nouvelles données sociologiques d’où sont bannies toute sagesse ou bon sens c’est plutôt un immense bond en arrière du temps où les niveaux culturels et intellectuels sont au degré zéro.

Il est fréquent de voir des personnes se mêler à la bagarre entre deux citoyens sans chercher à savoir qui a tort et qui a raison ni pour quel motif au moment où celui qui doit en toute logique s’interposer entre les deux belligérants devrait aussi étouffer dans l’œuf un conflit qui comporte des risques d’une fin tragique pour des banalités alors que bien souvent, il s’agissait d’un regard de travers ou d’une observation mal interprétée et rien de plus. La stupidité et le ridicule de ce nouveau aspect comportemental plutôt négatif de la société est tel qu’il est fréquent d’assister à une reprise des hostilités par deux protagonistes des deux camps des heures après la fin du premier combat car n’étant pas présents lors des affrontements, nos retardataires doivent chacun de son côté faire preuve de leur solidarité avec leurs camps respectifs et leurs qualités d’Argaz (on est tentés d’écrire Azgar) et tellement ce raisonnement est bête on se retrouve à se cogner dessus sans l’ombre d’une raison, comme il est aussi fréquent de voir les deux premières bagarreurs se réconcilier en léguant une haine et extrême tension et pour longtemps entre le reste de leurs camps respectifs.

Et comment en serait-il autrement dans une Kabylie sur-politisée où apparaissent divers types d’extrémistes et que des courants politiques veulent maintenir la fracture sociale et la région sous haute tension, des courants auxquels on donne des grains à moudre, sinon comment expliquer l’arrestation de jeunes qui ne font pas carême même quand il déclinent leur appartenance au christianisme, la liberté du culte étant garantie par la Constitution. Le volet religieux aussi joue un rôle important dans l’effritement de la communauté kabyle Voilà des cas et des thèmes auxquels devraient se pencher ceux qui se prétendent des sages et représentants des Aarch et ceux qui coiffent le mouvement citoyen au lieu de s’entredéchirer pour une question de leadership.

O. S.