Contrairement aux années précédentes, le mois sacré a été particulièrement animé en Kabylie. Plusieurs localités ont connu, en effet, des mouvements de contestation émaillés parfois par des actions radicales, le blocage de la route, entre autres.
A Tizi Ouzou, plusieurs régions ont été le théâtre de la contestation citoyenne. Durant plus d’une semaine, des villages entiers sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère, crier leur ras-le-bol et revendiquer de meilleures conditions de vie. Le point commun de ces doléances a été indéniablement la pénurie d’eau ayant frappé en plein Ramadan, les contrées Sud de notre wilaya. Telle une trainée de poudre, le mouvement de contestation pour demander de l’eau potable s’est propagé pour atteindre des régions connues pour le calme y régnant en d’autres circonstances telles qu’Ain Zaouïa dans la daïra de Draâ El Mizan.
Deux jours durant, les habitants de la commune de M’kira ont bloqué le chemin communal n°4, le siège d’Apc a également fermé. Les citoyens exigent la répartition équitable des projets de développement octroyés par l’Etat à cette localité. L’esprit régionaliste, les calculs électoralistes ont, semble-t-il de beaux jours devant eux. Certaines communes à Tizi Ouzou sont gérées par des archaïsmes d’un autre temps. En plein Ramadan, des populations sont contraintes à sortir crier dans la rue pour bénéficier d’une goutte d’eau. A Ait Abdelmoumene, dans la commune de Tizi N’tleta, la pénurie d’eau dans l’un des quartiers, Tassoukit en l’occurrence, a failli provoquer le pire. Draâ El Mizan, Sidi Naâmane…la liste des Apc fermées par la population pour ce problème est longue. La canicule qui sévit ces derniers jours n’a guère arrangé les choses. En plus d’une Kabylie qui vit les affres d’une météo insupportable, les citoyens doivent surmonter la mauvaise gestion et l’absence de communication de la part de ceux qui ont la charge du dossier au niveau local. Ce qui s’applique sur Tizi Ouzou l’est pour Bouira et Béjaïa. La contestation est partout. Le jeune n’aura pas été donc la seule contrainte du mois de carême. Les dix derniers jours ont été vraiment chauds, une période qui a enregistré un important nombre d’action de contestation. Les responsables boudent-ils en ce mois de carême, l’on est tenté de répondre par l’affirmative au vu des réactions mitigées et des solutions bien plus que temporaire proposées pour le règlement des problèmes posés. C’est le cas de le dire pour la rise de l’AEP à Draâ El Mizan. Annoncés en grande pompe et avec faste, la mise en service du barrage Koudiet Acerdoune n’a pas réglé en totalité la crise de l’eau potable à Tizi Ouzou, et la population continue de râler face à des pénuries qui tendent à être un eternel recommencement. Un problème par ci, un autre par là la cherté des produits alimentaires et l’érosion du pouvoir d’achat, le mépris et l’incompétence des responsables en charge des affaires de la population au niveau local et un climat suffoquant font du Ramadan un mois à dure épreuve pour les citoyen. Ce dernier vit, plus que jamais, au rythme de ses angoisses au quotidien. Au moindre couac, la solution est très facile à mettre en exécution. Quelques pierres, un pneu prêt à prendre le feu, quelques barricade, de la fumée à volonté suffiront pour mettre le maire, le responsable local de l’ADE ou un quelconque autre responsable à genoux. Fermer la route devient le seul moyen pour attirer l’attention, sortir les doléances de l’anonymat et des tiroirs bien sales de l’administration locale, daïras et Apc entre autres. Cet état de fait, les citoyens l’ont bien saisi et ne se gênent plus d’en faire “bon usage” jusqu’à quand ? Simple, jusqu’à ce que les responsables priorisent le règlement des problèmes de la population au lieu de penser à partir en Omra à la Mecque ( la mode du moment chez nos responsables ) profiter des dix derniers jours du mois de la Rahma prier Dieu au moment où les citoyens les prient de revenir vite et trouver une sortie honorable à leur malheur.
Omar Zeghni
