Elle a deux ans d’âge, un vaste programme réalisé et des projets plein la tête. Elle, c’est bien sûr, l’Association » Tadukli » d’Ighil H’mama, le plus vieux quartier de Seddouk.
Comme chaque année, l’Association n’a pas dérogé à la règle en ce mois sacré de Ramadhan, en proposant chaque soir un menu divertissant, entre théâtre, poésie et chants.
» Nous avons peu de moyens. Et nous réalisons nos projets sans aucune aide de l’Etat, pas même une symbolique aide des instances de notre commune. Notre maigre budget provient essentiellement des cotisations des familles du quartier qui s’élève à 385 foyers, à raison de 500 dinars par an et par foyer « , affirme le trésorier de l’association.
Ainsi, au cœur de ce bastion du cheikh Aheddad, cette chaîne de solidarité et d’union trime avec une volonté de fer pour endiguer quelques crocs et offrir le sourire aux gens. Outre les célébrations des journées nationales (1er Novembre, 5 Juillet, …) et internationales (8 Mars, Journée de l’arbre…), l’association met sur pieds certains chantiers tels les cours de soutiens- aux élèves des classes d’examen, des excursions vers la montagne et la mer, et l’organisation des tournois de football. « Nos activités ne sont pas ludiques comme pourrait le penser certains esprits chagrins. Avec l’aide de nos émigrés, nous avons pu acquérir un compartiment mortuaire frigorifique. Aussi, à chaque décès dans le quartier, nous empressons à apporter un soutien moral et une aide financière à hauteur de 5000 dinars, versé à la famille du défunt « , révèle encore le secrétaire général. Pour le mois de Ramadhan en cours, au vingt septième jour, le bilan est déjà reluisant : » Depuis le début du moins, nous offrons chaque soir une moyenne de soixante repas, plus les repas à emporter. De même, nous avons distribué 25 couffins remplis de nourriture, et 25 autres couffins emplis d’ingrédients de confiseries de fêtes « . Cependant, au matin du vingt septième jour, une autre cérémonie joyeuse s’est glissée dans le quartier. En effet, » nous avons procédé ce matin à la circoncision collective de plusieurs enfants de notre quartier dans une ambiance familiale empreinte de joie et de plaisir « , jubile le trésorier.
Puis, en fin de journée, une scène a été dressée à l’endroit même de l’arrêt des fourgons. Les sièges se remplissent à toute vitesse, et le groupe Gueldamen n’a pas tardé à faire son apparition entre de chauds vivats. Cornemuses en bouches, derbouka et autre bendir entre les doigts, la troupe a imprimé dans les esprits des notes de gaieté et lui a offert des mélodies savoureuses puisées du riche répertoire folklorique kabyle, sous les youyous stridents venant des balcons environnants.
T. D.
