Venu du moyen-orient, le narguilé est apparu depuis moins d’une décennie dans certaines régions d’Algérie, avant qu’il ne s’impose, peu à peu, à travers tout le pays.
La Kabylie adopte elle aussi ce nouveau phénomène et voit sa jeunesse s’enticher de cette pipe à eau parfumée dégageant des effluves faisant le bonheur des fumeurs regroupés autour du calumet
Si avant le début de mois de Ramadhan, la multiplication des adeptes de ce nouveau type de tabac n’a pas attiré l’attention de la société il n’en est pas de même en ce mois sacré lequel est à l’origine de plusieurs habitudes nocturnes.
Chaque soir, dans les quartiers et villages kabyles, des jeunes et des moins jeunes sont regroupés autour de la fameuse chicha et s’adonnent au plaisir du pipeau à tour de rôle tout en faisant profiter l’entourage des exhalaisons des différents parfums utilisés, allant de la vanille au miel en passant par les raisins. Utilisant toutes sortes de pastilles parfumées, contrairement aux anciens Perses et Egyptiens qui en utilisaient du cannabis, ces nouveaux partisans du narguilé prolifèrent à un rythme très important au point d’imposer la création des “Chicha Club», une sorte de salon de thé où le produit principal proposé est le narguilé plutôt que du thé.
En effet, dans la capitale de l’ouest du pays, à l’instar d’ailleurs des villes voisines du Maroc, ce genre d’établissements existe déjà et ils sont souvent plein de jeunes lesquels, même s’ils se passent le pipeau à tour de rôle, mais utilisent par mesure d’hygiène, un embout individuel. Selon certaines sources, cette pratique ancrée socialement et cutlurellement toucherait actuellement plus d’une centaine de millions de fumeurs à travers le monde Bien qu’il ait des origines persanes dans son appellation, à savooir Narguilé dont l’étymologie est le nargil, signifiant noix de coco, et encore la chicha dont la signification dans la même langue est “le verre», ce calumet est beaucoup plus ancré en Egypte plutôt qu’en Iran et le nom porté en Iran a paradoxalement des origines arabes. Effectivement alors que les perses lui ont donné deux noms que les arabes ont adoptés, ils continuent à l’appeler chez eux, Ghelyan, mot très voisin de verbe bouillir en arabe.
Auparavant, le Tabamel, tabac utilisé dans le Narguilé tout en ayant l’apparence d’une pâte humide était composé d’un tiers de tabac fermenté de deux autres tiers de mêlasse de miel et de la pulpe de différents fruits destinés à donner à la fumée une saveur et un arôme fruités ; aujourd’hui, il existe une nouvelle version sans tabac, composée essentiellement de mélange de mélasse et de pulpe de fruits. Toutefois, ce qu’il faut savoir, c’est qu’une séance de Narguilé expose généralement les fumeurs à une quantité de fumée plus grande qu’à celle que sont exposés les fumeurs de cigarettes.
Selon une étude, la séance de Narguillé expose le fumeur à une volume de fumée correspondant à une centaine de cigarettes.
A. Gana
