« La charte pour la paix est une chose tout à fait positive »

Il a souligné toutefois qu’il n’est pas du genre à faire des jugements pour une question qui concerne les Algériens, mais il estime que le projet de la charte clarifiera les choses. « Comme vous le constatez, je ne fais pas de jugements, mais je suis très heureux puisque ce projet clarifie les choses et il faut toujours qu’il y ait un débat », dira-t-il. Et d’ajouter : « Je suis ici pour appuyer les efforts algéro-britanniques et algéro-européens.  » Le représentant du gouvernement de Tony Blair a reconnu que la situation sécuritaire en Algérie s’est nettement améliorée et annonce que la nouvelle ambassade du Royaume-Uni rentrera en fonction en 2008. La représentation diplomatique comprendra plusieurs services, à l’image du service commercial, évacué à l’hôtel Hilton. M. Andrew souligne à ce sujet que l’évacuation de ce service a été effectué en réponse à des considérations globales telle l’explosion survenue à Istanbul, et elle n’a rien à voir avec l’Algérie. A la question relative aux réticences britanniques d’extrader les activistes islamistes résidants au Royaume-Uni, l’ambassadeur affirme qu’ »il n’y pas de blocage au niveau de la signature pour l’extradition, mais les pourparlers vont dans le bon sens.  » Il soutient, par ailleurs, que le problème se pose au niveau du cadre juridique qu’il faut bien préparer. M. Andrew ajoute que la signature de cette convention ne concerne pas uniquement la lutte antiterroriste, mais comprend également la circulation des individus et l’immigration clandestine. « C’est un peu long, puisque les textes de lois sont vraiment compliqués », enchaîne-t-il. En tant que client de l’Algérie, la Grande-Bretagne occupe la onzième place en 2004 avec 523 millions de dollars, et la treizième en tant que fournisseur avec 431 millions de dollars, soit une augmentation de 40% par rapport à 2003 dans les exportations et 5% dans les importations. Justement, c’est sur ce volet que le représentant du Royaume-Uni s’est attardé en déclarant de prime abord qu’il faut développer ensemble des relations spécifiques entre les deux pays. L’orateur pense qu’il faut diversifier les activités pour toucher d’autres secteurs, « dans le Maghreb nous avons du succès dans les hydrocarbures, mais je crois qu’il faut s’intéresser aux autres secteurs.  » M. Andrew a expliqué ensuite le motif de sa visite qui obéit à une démarche qui consiste à chercher d’abord les spécificités d’une région, ses potentialités, ses défis et enfin ses obstacles. M. Andrew dira en substance que la Grande-Bretagne a une expérience consistante dans la création d’emplois. Une expérience qui pourra servir la région. La coopération bilatérale, selon l’orateur, pourra toucher d’autres secteurs sensibles, à l’instar du tourisme et du secteur bancaire et fiscal. Sur ce registre, l’ambassadeur a annoncé la visite du chef financier du Royaume-Uni chargé de la gestion de l’industrie des services financiers, à Alger, en janvier 2006. « Je suis en train de préparer cette visite très importante », rassure le représentant du Royaume-Uni. Questionné sur la faible présence d’hommes d’affaires britanniques, M. Andrew a mis en exergue trois aspects à engager « sérieusement ». Le premier a trait au problème linguistique, le second aux faibles contacts entre les opérateurs économiques des deux Etats et le troisième aspect est relatif aux réformes économiques engagées par l’Algérie, que la Grande-Bretagne soutient. L’ambassadeur, qui a soutenu que son pays répond toujours aux appels d’offres internationaux de l’Algérie, souhaite que son partenaire puisse prendre en considération tous les aspects tels que la qualité. « Contrairement aux discours rapportés, nos hommes d’affaires n’ont pas peur de venir investir, mais bien au contraire, ils s’intéressent à l’Algérie », argue-t-il avant d’ajouter que la vision de la Grande-Bretagne à propos de la situation sécuritaire en Algérie ne diffère pas des autres pays d’Europe. En plaidant pour un partenariat Nord-Sud, le conférencier croit qu’il faut renforcer et encourager aussi la coopération Sud-Sud qui, selon ses propos, « reste faible ». Pour prouver la volonté de la Grande-Bretagne, l’ambassadeur a annoncé la visite du maire de Londres, dans le cadre d’un jumelage avec des villes d’Algérie, et des responsables du British Council, en octobre, pour des échanges culturels. M. Andrew n’a pas écarté le retour de cette fondation en Algérie, qui œuvrera pour le bien des deux nations.

M. Aït Frawsen