La rentrée scolaire de cette année 2010-2011, risque d’être encore entachée par des mouvements de contestation de la part des syndicats autonomes qui déplorent toujours les conditions de travail déplorables dans certains établissements scolaires.
Le triste scénario de l’année dernière est vivace dans les esprits et il est fort probable que les grèves cycliques se reproduisent si l’on se fie aux dires de certains syndicalistes. C’est toutefois une menace à prendre au sérieux d’autant plus que celle-ci émane du Cnapest, syndicat connu pour ses mouvements de grèves intempestifs.
Déjà que les intendants de la quasi-totalité des lycées de la wilaya de Bouira, ont décidé de ne pas assurer le travail inhérent à la rentrée scolaire, cette menace du CNAPEST est à prendre au sérieux, si l’on se réfère aux dires du coordinateur de wilaya de ce syndicat. En effet, selon M. Zoubir, les moyens et le matériel pédagogique continuent à faire défaut dans de nombreux lycées malgré nos réclamations auprès de la DE pour palier aux insuffisances rencontrées aux quatre coins de la wilaya. Notre interlocuteur nous fera part également de “l’absence totale d’une carte scolaire et la marginalisation des enseignants dans la commission paritaire, dont l’ouverture et la fermeture des postes, ainsi que le non versement des arriérés de salaire, notamment des allocutions familiales, les heures impayées depuis plus d’une année. ” Le conseil national autonome des professeurs de l’enneigement secondaire et technique à également sollicité le ministre de l’Education nationale pour que son département introduise deux nouvelles primes dans le dossier du régime indemnitaire. Le syndicat a bien sûr réitéré sa détermination de voir aboutir sa plateforme de revendications dont les points relatifs à la retraite après 25 ans de service, la refonte de la gestion des œuvres sociales, ainsi que l’ouverture du dossier de la médecine du travail. Le Cnapest doit tenir un conseil national mercredi prochain ; dans une déclaration rendue publique la veille de l’Aïd, le comité citoyen d’El Asnam appelle les parents d’élèves à l’organisation d’un sit-in aujourd’hui dimanche, devant le lycée de la localité afin d’exiger que cet établissement “entièrement opérationnel… soit doté de moyens” en citant comme exemple, l’absence de cantine après de ce qui est qualifié d’”ouverture politique” de ce lycée. En marge de cette rentrée scolaire, aujourd’hui ce sont plusieurs centaines de candidats qui devront concourir pour les quelques postes proposés comme chaque année par la direction de l’Education. Des postes au nombre insignifiants par rapport aux réels besoins du secteur. Pour rappel, le département de Benbouzid déplore un manque de 25 000 enseignants à travers l’ensemble du territoire national. Un comble lorsqu’on sait qu’à l’heure actuelle à travers la wilaya de Bouira, plusieurs dizaines de contractuels, détenteurs de licences dans la matière enseignant depuis plusieurs années. Ces enseignants passent chaque année les concours de la Fonction publique et n’ont jamais été admis. Pourtant, ils continuent à enseigner, pour certains d’entre-eux depuis 9 ans, sans qu’ils n’aient été recrutés définitivement et sans qu’ils n’aient été mis fin à leurs fonctions comme la logique le voudrait. Inaptes à réussir aux concours mais utiles pour dispenser des cours à des élèves au titre de contractuels. Une aberration à laquelle la DE de la wilaya de Bouira devrait mettre fin rapidement pour crédibiliser le secteur de l’éducation.
Hafidh B.
