Après le Ramadan et l’Aïd, c’est la rentrée scolaire / Pas de répit pour le porte-monnaie !

Le porte-monnaie sera soumis une fois de plus à une rude épreuve à l’occasion de la rentrée scolaire. Les ménages n’auront pas le temps de souffler, puisque à peine a-t-on pu s’en sortir tant bien que mal, des deux occasions de grosses dépenses, à savoir le Ramadan et la fête de l’Aïd, voilà qu’une autre arrive dans la foulée. Prévue pour demain, la rentrée des classes constitue un dur moment que les pères de familles doivent absolument affronter. Pourtant, le pouvoir d’achat est loin d’être à son top. C’est le cas de le dire en tous cas pour la wilaya de Tizi Ouzou où des familles entières souffrent le martyre. Doit-on rappeler que plus de 18 000 familles pauvres sont recensées à travers la capitale du Djurdjura. Il faut dire que sans être franchement pauvre, le mois de carême et l’Aïd “raflent” tout. Les deux évènements suffisent, en effet, pour “mettre à genou», les plus “blindés” des porte-feuilles. Que dire alors des petites bourses ? Celles-ci, ne savent certainement plus à quel saint se vouer, ni sur quel pied danser, sachant que les articles scolaires coûtent aussi chers que les jouets de l’Aïd. C’est dire qu’il faudra dépenser une fortune pour accéder aux vœux des chérubins qui ne demandent que d’être bien munis le jour “J”. Certes, l’Etat a opté la prime de scolarité fixée à 3 000 dinars pour aider les familles, mais que peut faire cette somme dans les circonstances dans lesquelles intervient la rentrée cette année. “Pour moi, cette prime n’est que symbolique, elle n’est rien par rapport aux dépenses. A peine peut-elle couvrir les petites affaires”. Dira en substance, un villageois qui semble avoir déjà oublié l’Aïd et le Ramadan et se concentre sur la rentrée. Il n’est pas le seul d’ailleurs à mettre le cap sur cette rentrée dans la wilaya de Tizi Ouzou. Les étals des jouets qui ont envahi les artères des différentes localités de la wilaya cèdent peu à peu la place aux affaires scolaires. Les prix pratiqués sont autant excessifs que les années précédentes. “J’ai cinq gosses qui doivent rallier leurs établissements des différents cycles, j’avoue que je ne sais pas où donner de la tête’ ironise un autre villageois rencontré au niveau de la ville des Genêts. Une ville qui ne s’est pas mise, jusqu’à hier, à l’heure de la rentrée, contrairement aux autres localités de la wilaya. La torpeur est de mise chez de nombreux pères. Pour les vêtements, le problème ne se pose pas trop pour eux, malgré les exigences de leurs enfants. . Ces derniers doivent se passer des nouveaux habits “mes enfants vont remettre les mêmes habits qu’ils ont porté à l’occasion de l’Aïd, il n’y a pas d’autres alternatives”. Il faut dire que “fils du pauvre” qu’ils sont, ces enfants ont appris à se sacrifier à cause de la misère qui ne cesse de gagner du terrain dans la société notamment à Tizi Ouzou. En dépit de cet état de fait qui ne favorise pas une rentrée de fête, les élèves doivent retrouver leurs classes pour un autre défi. Celui de réaliser les meilleurs résultats possibles et permettre à la wilaya de Tizi Ouzou de garder son image de marque en la matière. Tizi réussit, ces quelques dernières années, les meilleurs taux de passage dans les différents paliers.

M. O. B